Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister.
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Chaque page ne vaut que lorsqu'on la tourne et que derrière, il y a la vie qui bouge, qui mêle inextricablement toutes les pages du livre.
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À lire aussi de Italo Calvino
L'histoire est faite de petits gestes anonymes.
Les donnés biographiques : je fais partie de ceux qui croient, avec Croce, que d’un auteur importent seulement ses œuvres (quand elles comptent, bien évidement), donc les données autobiographiques je n’en donne pas, ou j’en donne de fausses, ou j’essaierai de les changer à chaque fois. Demandez-moi ce que vous voulez savoir, je vais vous le dire. Mais je ne vous dirai jamais la vérité, de ça vous pouvez en être sûr.
L'art de faire un conte est là tout entier, dans ce don de tirer, du petit quelque chose qu'on a pu saisir de la vie, tout le reste: on noircit la page, puis on retourne à la vie, pour s'apercevoir que ce que l'on pouvait en connaître était au fond si peu que rien.
... les signes servent aussi à juger qui les trace ... .
Dans la même œuvre
Il n’est pas dit qu’en écrivant, on assure le salut de son âme. On écrit, on écrit, et déjà notre âme est perdue.
Si bien à plaindre est l'amoureux qui soupire après des baisers dont il ne connut jamais la saveur, mille fois plus infortuné celui qui la goûta, cette saveur, juste un instant, et puis en fut à tout jamais privé.
C'est l'heure où les choses perdent leur épaisseur d’ombre qui les a revêtues tout au long de la nuit, et peu à peu retrouvent leurs couleurs; mais avant, il leur fat traverser une sorte de limbe douteux, à peine effleurées par la lumière comme entourées d'un halo: l'heure où l'on est le moins sûr que le monde existe.
La chevalerie est une belle chose, c’est entendu ; mais tous ces chevaliers sont une bande de grands nigauds, habitués à accomplir de hauts faits d’armes sans chercher la petite bête, comme ça se trouve. Dans la mesure du possible, ils tâchent de s’en tenir à ces règles sacro-saintes qu’ils ont fait serment d’observer : elles sont bien codifiées, elles leur ôtent le souci de réfléchir.
La guerre, en définitive, c’est moitié boucherie, moitié train-train ; pas la peine d’y regarder de si près.