Certaines choses portent en elles leur propre punition. Comme les chambres avec placards intégrés. Tous ne tarderaient pas à en savoir beaucoup plus long sur ce chapitre. A découvrir que les punitions existent dans toutes les tailles. Qu'il y en a qui sont si grosses qu'elles ressemblent à des placards avec chambres intégrées, où l'on peut passer toute une vie d'errance à l'ombre des rayonnages.

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Pendant l'année où elle le fréquenta, elle découvrit un peu de magie en elle, et, l'espace d'un temps, se sentit comme un joyeux petit génie qu'un sortilège a libéré de sa lampe. Elle était peut-être trop jeune pour comprendre que ce qu'elle avait pris pour de l'amour n'était sans doute qu'une timide tentative pour s'accepter elle-même.
Comment écrire une histoire brisée? En devenant peu à peu tout le monde. Non. En devenant peu à peu tout.
Quand j'écris de la fiction, je m'efforce d'édifier un univers proche de celui dans lequel je vis. Le Ministère du Bonheur suprême, tout comme le Dieu des petits riens, qui a été traduit dans 40 langues, parle de l'être humain dans un contexte spécifique. Il ne peut donc être lu comme un guide de l'Inde ! J'ai voulu saisir la manière dont le monde fonctionne. Bien que mes romans soient plongés dans un contexte indien précis, je tente de mettre au jour les rouages du monde en général.
Si l'on suit ce qui se passe en Inde aujourd'hui, on ne peut que constater la montée d'un fascisme qui n'est pas exactement celui que l'on a pu connaître et qui a encore des traces en Europe, même si certains, en Inde, admirent ce fascisme-là. Il y a des massacres en cours et, bien sûr, des violences entre les castes. D'aucuns perçoivent les musulmans comme les juifs du siècle passé en Allemagne. L'Inde est le sous-continent où s'affrontent sans merci les religions, les minorités et les castes
Les jumeaux étaient trop jeunes pour savoir que ces hommes n'étaient que les exécutants des basses besognes de l'Histoire. Expédiés là pour mettre ses registres à jour, faire payer à ceux qui enfreignent ses lois. Qu'ils étaient poussés par des sentiments certes primaires mais paradoxalement impersonnels. Sentiments de mépris nés d'une peur larvée autant qu'inavouée – peur de la civilisation face à la nature, des hommes face aux femmes, du pouvoir face à l'impuissance. Besoin inconscient chez l'homme de détruire ce qu'il ne peut ni soumettre ni adorer. Besoin d'affirmer son autorité.
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L'air résonnait de Pensées et de Choses à Dire. Mais dans des moments comme ceux-là, on ne dit que les Petites Choses. Les Grandes, tapies à l'intérieur, restent inexprimées.
Le bonheur en rêve, est-ce qu'il compte comme le vrai ?
Tant de choses peuvent changer en l'espace d'une journée.
Toutes les familles connaissent ça : chacun appuie là où il sait faire mal, comme un docteur un peu sadique.
Le danseur kathakali est le plus beau des hommes. Parce que son corps n'est rien d'autre que son âme. Son seul instrument. Depuis l'âge de trois ans, il a été façonné, polissé, ciselé, ouvragé, attelé tout entier à cette tâche qui consiste à raconter des histoires. Il a de la magie en lui, cet homme, sous son masque peint et ses jupes tourbillonnantes.