Ce soir-là, il se replongea dans la lecture d'Erik Lang. Une fois de plus, il sentit les mots de l'écrivain le prendre et l'emporter vers des territoires où régnaient la nuit et le crime. Une fois de plus, le même sentiment de malaise et de fascination mêlés l'étreignit au fil des pages. Dans la bulle de lumière de la lampe, les mots, les scènes, les personnages sortaient du livre et dansaient une ronde autour de lui.

À lire aussi de Bernard Minier

L'enfance, on n'en guérit jamais.
Ce policier habile. Servaz. Lui est vraiment dangereux… Lui, il faut s'en méfier. Lui, c'est un fourmilion – ce terrible insecte prédateur qui creuse un piège mortel dans le sable, une fosse au fond de laquelle il se cache et où il attend qu'un autre malheureux insecte tombe directement entre ses mâchoires. Une force invincible le pousse, une rage muette – ça se lit sur son visage. Il n'est jamais en repos. Il ne sera pas en repos tant qu'il n'aura pas découvert le fin mot de cette histoire, le fourmilion.
C’est bien connu : nous touche ce qui nous est proche.
Les gens sont des icebergs, pensa t-il. Sous la surface gît une énorme masse de non-dits, de douleurs et de secrets. Personne n'est vraiment ce qu'il paraît.
Avec des mots, on peut rendre quelqu'un heureux ou malheureux, entraîner et convaincre, les mots provoquent des émotions, tout écrivain le sait, et permettent aux hommes de s'influencer les uns les autres.
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Dans la même œuvre

Les morts ne parlent pas. Les morts ne pensent pas. Les morts sont morts, tout simplement. Mais la seule vraie tombe, c'est l'oubli, songea-t-il.
Il songea que deux mondes coexistaient sans se mêler, comme l'huile et l'eau: celui de la vie, de l'insouciance , de la jeunesse et de l'espoir ; et celui de la maladie, de la souffrance, du déclin et de la mort. Tout un chacun, tôt ou tard , était amené à connaitre les deux, mais certaines professions - infirmières, pompiers, pompes funèbres, flics ...- passaient chaque jour de l'un à l'autre.
L'empathie n'est souvent qu'une forme détournée de l'autoapitoiement.
Il considérait que les meilleurs livres demandent des efforts et que, plus globalement, tout ce qui est obtenu facilement est vain et sans valeur.
Comme l'a dit Freud, les mots faisaient primitivement partie de la magie et c'est pourquoi ils gardent beaucoup de leur puissance de jadis. Avec des mots, on peut rendre quelqu'un heureux ou malheureux, entraîner et convaincre, les mots provoquent des émotions, tout écrivain le sait, et permettent aux hommes de s'influencer les uns les autres.