Dans de monde technologique et interconnecté, les interstices de liberté et de pensée authentiques se faisaient de plus en plus rares. A quoi correspondait cette frénésie d'achats, cette fascination pour les gadgets les plus superflus ? Pourquoi un membre d'une tribu de Nouvelle-Guinée lui paraissait-il désormais plus sain d'esprit et plus avisé que la plupart des gens qu'il côtoyait ? Était-ce lui ou bien, comme le vieux philosophe dans son tonneau, contemplait-il un monde qui avait perdu la raison ?
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Les morts ne parlent pas. Les morts ne pensent pas. Les morts sont morts, tout simplement. Mais la seule vraie tombe, c'est l'oubli, songea-t-il.
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Comme vous le savez, tout groupe placé dans une situation d'enfermement a tendance à régresser. Ici, non seulement les pensionnaires régressent, dit-il, mais également le personnel, et même les psys.
L'enfance, on n'en guérit jamais.
Après tout, c'était un politicien, donc un acteur et un menteur professionnel.
Je faisais partie d'un groupe libertaire. J'ai même vécu dans un squat. Les flics, les gendarmes, c'était l'ennemi : des fachos, les chiens de garde du pouvoir, l'avant-poste de la réaction - ceux qui protégeaient le confort petit-bourgeois et qui opprimaient des faibles, les immigrés, les sans-domicile.
Dans la même œuvre
Il songea que deux mondes coexistaient sans se mêler, comme l'huile et l'eau: celui de la vie, de l'insouciance , de la jeunesse et de l'espoir ; et celui de la maladie, de la souffrance, du déclin et de la mort. Tout un chacun, tôt ou tard , était amené à connaitre les deux, mais certaines professions - infirmières, pompiers, pompes funèbres, flics ...- passaient chaque jour de l'un à l'autre.
L'empathie n'est souvent qu'une forme détournée de l'autoapitoiement.
Il considérait que les meilleurs livres demandent des efforts et que, plus globalement, tout ce qui est obtenu facilement est vain et sans valeur.
Ce soir-là, il se replongea dans la lecture d'Erik Lang. Une fois de plus, il sentit les mots de l'écrivain le prendre et l'emporter vers des territoires où régnaient la nuit et le crime. Une fois de plus, le même sentiment de malaise et de fascination mêlés l'étreignit au fil des pages. Dans la bulle de lumière de la lampe, les mots, les scènes, les personnages sortaient du livre et dansaient une ronde autour de lui.
Comme l'a dit Freud, les mots faisaient primitivement partie de la magie et c'est pourquoi ils gardent beaucoup de leur puissance de jadis. Avec des mots, on peut rendre quelqu'un heureux ou malheureux, entraîner et convaincre, les mots provoquent des émotions, tout écrivain le sait, et permettent aux hommes de s'influencer les uns les autres.