Si par miracle la peur de la mort disparaissait, la vie n'aurait plus aucun moyen de défense : elle serait à la merci de notre premier caprice.
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Ce qui m'intéresse, c'est ma vie, et non les doctrines sur la vie. J'ai beau parcourir des livres, je n'y trouve rien de direct, d'absolu, d'irremplaçable.
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À lire aussi de Emil Cioran
Le scepticisme est presque le point central de mes interrogations. Qui voudrait écrire quelque chose de correct sur moi devrait analyser la fonction qu'il a remplie dans l'ensemble de mes préoccupations et de mes hantises.
Vivre et mourir à la troisième personne..., m'exiler en moi, me dissocier de mon nom, pour toujours distrait de celui que je fus..., atteindre enfin - puisque la vie n'est supportable qu'à ce prix - à la sagesse de la démence...
Je passe mon temps à conseiller le suicide par écrit et à le déconseiller par la parole. C'est que dans le premier cas il s'agit d'une issue philosophique; dans le second, d'un être, d'une voix, d'une plainte...
Le plus grand exploit de ma vie est d'être encore en vie.
Dans la même œuvre
On ne réfléchit que parce qu'on se dérobe à l'acte. Penser, c'est être en retrait.
Le seul service que nous pouvons demander aux autres, c'est de ne pas deviner à quel point nous sommes lamentables.
L'homme est un animal surmené.
Le secret de l'Histoire, c'est le refus du salut.
Je viens d'écrire une apologie de la haine. Mais au fond ce que j'entends par haine, c'est un mouvement de désespoir, c'est la noirceur du désespoir, état purement subjectif qui n'a rien à voir avec la volonté de nuire, avec l'acharnement contre autrui.