Ce que nous appelons la beauté est simplement un pressentiment de la terreur, lui dit Rilke. Nous nous prosternons devant la beauté pour la remercier de dédaigner de nous détruire. Le détruiraient-elles s’il s’aventurait trop près, ces belles créatures venues d’autres mondes, ces anges, ou le trouveraient-elles trop insignifiant pour ça ?

À lire aussi de J. M. Coetzee

Partout où il y a des bateaux il y a des rats. Dans tous les entrepôts il y a des rats. Là où prospère notre espèce, les rats prospèrent aussi. Les rats sont des créatures intelligentes. On pourrait dire qu'ils sont nos ombres.
Il y a des risques à posséder quoi que ce soit : une voiture, une paire de chaussures, un paquet de cigarettes. Il n'y en a pas assez pour tout le monde, pas assez de chaussures, pas assez de voitures, pas assez de cigarettes. Trop de gens, pas assez de choses. Et ce qu'il y a doit circuler pour que tout un chacun ait l'occasion de connaître le bonheur le temps d'une journée. C'est la théorie. Tiens-t'en à la théorie et à ce qu'elle a de réconfortant. Il ne s'agit pas de méchanceté humaine, mais d'un grand système de circulation des biens, avec lequel la pitié et la terreur n'ont rien à voir.
Après un certain âge, on n’a tout simplement plus de charme, il faut s’y faire. Il ne reste qu’à serrer les dents et vivre ce qu’il reste à vivre. Faire son temps.
L'affection n'est pas l'amour, mais ces sentiments entretiennent une relation de cousinage.
Peut-être est-ce une bonne chose de connaître une chute de temps en temps. Tant qu'on n'en ressort pas brisé.
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Dans la même œuvre

Il y a une autre façon, plus brutale, de dire la même chose. En fait il y a mille autres façons : il pourrait passer le reste de sa vie à en faire la liste. Mais la façon la plus brutale est de dire qu'il a peur : peur d'écrire, peur des femmes.
Il y a une autre façon, plus brutale, de dire la même chose. En fait il y a mille autres façons : il pourrait passer le reste de sa vie à en faire la liste. Mais la façon la plus brutale est de dire qu’il a peur : peur d’écrire, peur des femmes.
Il y a deux, peut-être trois endroits au monde où la vie peut être vécue à plein: Londres, Paris, peut-être Vienne. Paris vient en premier: ville de l'amour, ville de l'art. Mais pour vivre à Paris, il faut avoir fait ses études dans un de ces établissements huppés où on enseigne le français.
l y a deux, peut-être trois endroits au monde où la vie peut être vécue à plein: Londres, Paris, peut-être Vienne.
Plus il a affaire à l’informatique, plus cela lui semble être comme un jeu d’échecs : un petit monde bien clos défini par des règles fabriquées, un monde dans lequel des garçons prédisposés par un type de tempérament se laissent prendre et deviennent à moitié fous, tout comme il est lui-même à demi-fou, de sorte que qu’ils se leurrent en croyant qu’ils jouent à ce jeu, alors que c’est le jeu qui se joue d’eux.