Ce que j'appelle réfléchir : je dévisse ma tête, je la mets sur une étagère et je sors faire une promenade. A mon retour la tête s'est allumée. La promenade dure une heure ou un an.

À lire aussi de Christian Bobin

La muraille entre les riches et les pauvres est visible. Elle peut se déplacer ou s'effondrer par endroits. La muraille entre les lecteurs et les autres est bien plus enfoncée dans la terre, sous les visages.
On ne sait pas ce qu'est la poésie. On sait juste que c'est donner son sang aux anges qui passent.
La maladie d'Alzheimer enlève ce que l'éducation a mis dans la personne et fait remonter le coeur en surface.
La beauté est de la digitaline pour le coeur.
Le nouveau-né a devant lui une forêt en feu qu'il lui faudra traverser pieds nus.
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Dans la même œuvre

J'ai entrevu assez du paradis pour comprendre qu'il peut être partout.
Je ne maudis jamais la pluie, cette petite soeur déshéritée du soleil.
L'extrême sensibilité est la clé qui ouvre toutes les portes mais elle est chauffée à blanc et brûle la main qui la saisit.
Les mères par leurs soins élémentaires fleurissent les abîmes. Si il y a encore des lions, des étoiles et des saints c'est parce qu'une femme épuisée pose un plat sur la table à midi.
Pourquoi grandir puisque enfants nous touchions déjà le ciel de nos petites mains d'argile rose ?