Ce n'est pas compliqué d'écrire: il suffit d'y donner chaque seconde de sa vie.

À lire aussi de Christian Bobin

Quand je vis, la vie me manque. Je la vois passer à ma fenêtre, elle tourne vers moi sa tête mais je n'entends pas ce qu'elle dit, elle passe trop vite. J'écris pour l'entendre.
On voit à la mesure de son espérance.
L'enfant est celui auquel on annonce jour et nuit sa fin prochaine, certaine, voulue: grandis.
Avec un peu de patience, j'aurais fait un assez bon idiot du village. C'est un métier que plus personne n'exerce : trop difficile sans doute. Il est plus aisé de devenir médecin, ingénieur ou même écrivain. Plus aisé et gratifiant aux yeux du monde.
La bonté, c'est simple: par définition on n'en a pas. Elle n'a pas de place dans le monde. Donc, quand elle est là c'est toujours un miracle.
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Dans la même œuvre

Ecrire comme on taille une branche pour en extraire la flèche qu'elle promettait.
Il y a toujours dans un livre même mauvais, une phrase qui bondit au visage du lecteur comme si elle n'attendait que lui.
L'art de vivre consiste à garder intact le sentiment de la vie et à ne jamais déserter le point d'émerveillement et de sidération qui seul permet à l'âme de voir.
Deux sortes de paradis: venir en aide à quelqu'un et lire un livre.
Savoir vraiment quelque chose c'est savoir comme les nouveaux-nés et les vieillards, que nous baignons dans une lumière d'ignorance.