Je me suis souvenue de cette phrase d'un héros algérien, dit Pannonique: «Si tu parles, tu meurs; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs.»
❧
C'est une loi immuable de l'univers : s'il nous est donné de ressentir une émotion forte et noble, un incident grotesque vient aussitôt la gâcher.
◆
À lire aussi de Amélie Nothomb
Tout assistant considère son professeur comme un imbécile et le contraire est valable aussi.
Mais elle a aussi des yeux de danseuses et, croyez-moi, c'est le plus important et le plus rare. Si une ballerine n'a pas de regard, elle ne sera jamais présente à sa danse.
Je n'ai rien contre l'espèce humaine, j'ai de l'inclination pour l'amitié et l'amour, mais je ne conçois l'action que solitaire. Comment voulez-vous accomplir de grandes choses avec quelqu'un dans les pattes ?
Il y a des beautés qui sautent aux yeux et d'autres qui sont écrites en hiéroglyphes : on met du temps à déchiffrer leur splendeur mais, quand elle est apparue elle est plus belle que la beauté.
Dans la même œuvre
Les retrouvailles sont des phénomènes si complexes qu'on ne devrait les effectuer qu'après un long apprentissage ou bien tout simplement les interdire.
A quoi sait-on qu'une personne âgée n'a plus toute sa tête ? Il y a comme un flottement. Ce n'est pas elle qui a perdu face à nous, c'est nous qui sommes perdus face à elle.
Mais le coeur est multiple et de même que l'on peut tomber amoureux plus d'une fois, on peut identifier plus d'une femme à la mère idéale.
Tout ce que l'on aime devient une fiction.
La gêne suppose une hypertrophie de la perception de l'autre, d'ou la politesse des gens gênés, qui ne vivent qu'en fonction d'autrui. Le paradoxe de la gêne est qu'elle crée un malaise à partir de la déférence que l'autre inspire.