L'amour est une question de foi. La foi est une question de risque. Je ne pouvais pas supprimer ce risque. C'est ce que Dieu a fait au Jardin. Il a aimé sa créature au point de ne pas supprimer le risque.
❧
Il y a des beautés qui sautent aux yeux et d'autres qui sont écrites en hiéroglyphes : on met du temps à déchiffrer leur splendeur mais, quand elle est apparue elle est plus belle que la beauté.
◆
À lire aussi de Amélie Nothomb
Moi, ce que j'aime dans la vie, ce sont les nuisances autorisées. Elles sont d'autant plus amusantes que les victimes n'ont pas le droit de se défendre.
Il m'arrive de penser que notre unique spécificité individuelle réside en ceci : dis moi ce qui te dégoûte et je te dirai qui tu es. Seules nos répulsions parlent vraiment de nous.
L'oeuvre a besoin du mystère de l'attente. Il est bon, quand on crée de ne pas nier le temps.
Les théories servent à irriter les philistins, à séduire les esthètes et à faire rire les autres.
Dans la même œuvre
Il y a des musiques qui obsèdent au point d'empêcher de dormir et même de vivre. Le cerveau les reprogramme en boucle, à l'exclusion de n'importe quelle autre forme de pensée.
En vérité, on passe son temps à lutter contre la terreur du vivant. On s'invente des définitions pour y échapper : je m'appelle machin, je bosse chez chose, mon métier consiste à faire ci et ça.
Certains sont assez malchanceux pour trouver l'amour de leur vie, l'écrivain de leur vie, le philosophe de leur vie, etc. On sait l'espèce de gâteux qu'ils ne tardent pas à devenir.
On n'est jamais si heureux que quand on a trouvé le moyen de se perdre.
Quel est le point commun entre le visage et les mains ? C'est le langage, que l'un parle et les autres écrivent.