A quoi sert de voir le vide ? On est si bien à flotter tant qu'il nous porte. Entre ciel et terre, sur le rien.
❧
C'est peut-être la seule chose qui fait de nos vies des choses singulières dans le fond, le choix du risque qu'on vit. Chacun le sien. Une chose est sûre. Sans risque, on ne vit pas.
◆
À lire aussi de Jeanne Benameur
Le monde est acceptable si on voit les choses une par une. C'est l'emmêlement qui ne l'est pas.
Petite, elle a appris à guetter les signes de ce qu'on cache. C'est dans le corps que cela a lieu. Et cela se reflète aussi, partout autour. Les mots ne viennent qu'après. Ou pas.
On va à l'école pour apprendre, apprendre, apprendre; apprendre quoi? à grandir? Est-ce que l'élève n'est pas celui qui doit s'élever?
Alors elle danse. Il faut qu'elle trace, avec son corps, les lignes qui permettent d'intégrer l'espace. Seule la beauté du mouvement peut la sauver.
Dans la même œuvre
On n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie.
Mais l'obscurité, on en a besoin. On a besoin de l'opaque. Un humain a besoin de l'obscur. C'est fertile. On ne peut pas vivre toujours dans la clarté des miradors. C'est aveuglant. Ca ne fait pas de lumière.
C'est bien ça, la force d'un être humain. Etre capable de savoir le rien, le connaître jusque dans sa chair et traverser, continuer à avoir des rêves.
J'ai toujours compris les errants. Les yeux captent une chose du paysage, une autre, une autre encore. Tout est nouveau. Toujours. On se refait.
Pourquoi la vie des uns ne pourrait-elle pas éclairer celles des autres? Sinon c'est quoi une société.