C'est de ce Paris-là que j'ai fait mes poèmes - \r\nMes mots sont la couleur étrange de ces toits - \r\nLa gorge des pigeons y roucoule et chatoie - \r\nJ'ai plus écrit de toi Paris que de moi-même - \r\nEt plus que de vieillir souffert d'être sans toi\r\n

À lire aussi de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre

Il y avait dans la maison du paysan où je logeais cinq ou six femmes et autant d'enfants qui s'y étaient réfugiés.
La nuit même ne pouvait les séparer: elle les surprenait souvent couchés dans le même berceau, joue contre joue, poitrine contre poitrine, les mains passées mutuellement autour de leurs cous et endormis dans les bras l'un de l'autre.
L'esprit de l'homme accroît ses forces à proportion des forces que lui oppose la nature.
C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lieux les plus sauvages et les plus déserts.
Les teintes inimitables du blanc qui fuient à perte de vue dans le blanc.
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Dans la même œuvre

Paris rêve et jamais il n'est plus redoutable - \r\nPlus orageux jamais que muet mais rêvant - \r\nDe ce rêve des ponts sous leurs arches de vent - \r\nDe ce rêve aux yeux blancs qu'on voit aux dieux des fables - \r\nDe ce rêve mouvant dans les yeux des vivants\r\n
Comme on laisse à l'enfant pour qu'il reste tranquille - \r\nDes objets sans valeur traînant sur le parquet - \r\nPeut-être devinant quel alcool me manquait - \r\nLe hasard m'a jeté des photos de ma ville - \r\nLes arbres de Paris ses boulevards ses quais
Qui n'a pas vu le jour se lever sur la Seine - \r\nIgnore ce que c'est que ce déchirement - \r\nQuand prise sur le fait la nuit qui se dément - \r\nSe défend se défait les yeux rouges obscène - \r\nEt Notre-Dame sort des eaux comme un aimant.\r\n\r\n
Toute aube est pour quelqu'un la peine capitale - \r\nÀ vivre condamné que le sommeil trompa - \r\nEt la réalité trace avec son compas - \r\nCe triste trait de craie à l'orient des Halles - \r\nLes contes ténébreux ne le dépassent pas.
Paris s'éveille et moi pour retrouver ces mythes - \r\nQui nous brûlaient le sang dans notre obscurité - \r\nJe mettrai dans mes mains mon visage irrité - \r\nQue renaisse le chant que les oiseaux imitent - \r\nEt qui répond Paris quand on dit liberté