En amour, il en va souvent ainsi : celui qui ne joue pas, gagne.
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Avancer ne signifie pas forcément progresser : où règne le vide, où se tient l'absence, toute distance est infinie. Comme si souvent dans l'extrême malheur – ou l'extrême bonheur – les jours étaient des semaines, les semaines des heures ; minutes, mois et siècles se confondaient dans ce temps sans temps que nous connaissons tous et dont nous pouvons pourtant à peine parler.
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L'amour est une mer agitée de vagues et de vents, qui n'a port ni rivage.
Seule la beauté d'un paysage a ce pouvoir étrange de nous faire songer avec joie à notre propre mort. Ce sont ces vues, que chacun possède, et que parfois l'on partage, qui, devenant des amorces ou d'autres lieux sans cesse s'embranchent sans solution de continuité, peuvent communiquer immédiatement avec nos coeurs et transmuer en nostalgie du futur la douloureuse nostalgie du passé.
Au sortir de la Première Guerre mondiale, la Pologne était à peine un pays. Il y avait cinq monnaies différentes, neuf systèmes juridiques, et les multiples disputes frontalières avaient toutes dégénéré en petites guerres : la guerre polono-ukrainienne, la guerre polono-lituanienne et la guerre polono-tchécoslovaque. Comme l'avait prévu Churchill, à peine la guerre des géants s'était achevée, celles des Pygmées avaient commencé.
La volonté de ne plus aimer est encore de l'amour et la volonté d'aimer encore ne l'est déjà plus, le désir de ne plus se souvenir appelle encore la mémoire, alors que le désir de se souvenir encore convoque déjà l'oubli.
Dans la même œuvre
Je ne veux pas que mes mots, désormais, soient les esclaves de ton absence. Je ne veux pas que le silence, de nouveau, me contraigne à n'écrire que dans le deuil impossible d'une mort qui ne cesse jamais d'avoir lieu, d'une mort qui ne cesse jamais de mourir – et de ne pas mourir.
On ne possède éternellement que ce qu'on a perdu.
L'amour est une mer agitée de vagues et de vents, qui n'a port ni rivage.
La volonté de ne plus aimer est encore de l'amour et la volonté d'aimer encore ne l'est déjà plus, le désir de ne plus se souvenir appelle encore la mémoire, alors que le désir de se souvenir encore convoque déjà l'oubli.
N'aimer qu'une seule personne pendant toute sa vie d'un amour partagé peut faire de nous un philosophe, un héros minuscule, postmoderne, humaniste – c'est-à-dire autre chose qu'un homme postmoderne, humaniste mais porté par des forces d'une même qualité. N'aimer que d'un seul amour solitaire, désespéré, pendant toute notre vie peut faire de nous un prophète – ou un poète.