Parce qu'on n'a nulle part où se voir on ment que les mots ne sont pas un miroir. l'aphorisme nous fait écrire comme si on pouvait dire la vérité.
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Seule la beauté d'un paysage a ce pouvoir étrange de nous faire songer avec joie à notre propre mort. Ce sont ces vues, que chacun possède, et que parfois l'on partage, qui, devenant des amorces ou d'autres lieux sans cesse s'embranchent sans solution de continuité, peuvent communiquer immédiatement avec nos coeurs et transmuer en nostalgie du futur la douloureuse nostalgie du passé.
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À lire aussi de Santiago Amigorena
Les mots qu'on adresse à quelqu'un qui ne nous aime plus ne soulagent jamais parce qu'ils sont écoutés, mais seulement parce qu'ils sont prononcés.
Le sentiment, par rapport aux pensées ou aux sensations, est semblable à ce qu'est la mélodie par rapport aux notes : il s'ajoute comme une deuxième forme d'existence.
On aime nos parents, puis on les trouve chiants, puis on part ailleurs…
Travaillez… Travaillez en pensant que le but auquel tendent nos efforts – le bonheur de tous – est bien supérieur à la fatigue de chacun. C'est ça que les hommes appellent « idéal », et ils ont raison. Il n'y a pas d'autre philosophie dans la vie d'un homme, ou d'une abeille.
Dans la même œuvre
Avancer ne signifie pas forcément progresser : où règne le vide, où se tient l'absence, toute distance est infinie. Comme si souvent dans l'extrême malheur – ou l'extrême bonheur – les jours étaient des semaines, les semaines des heures ; minutes, mois et siècles se confondaient dans ce temps sans temps que nous connaissons tous et dont nous pouvons pourtant à peine parler.
Je ne veux pas que mes mots, désormais, soient les esclaves de ton absence. Je ne veux pas que le silence, de nouveau, me contraigne à n'écrire que dans le deuil impossible d'une mort qui ne cesse jamais d'avoir lieu, d'une mort qui ne cesse jamais de mourir – et de ne pas mourir.
On ne possède éternellement que ce qu'on a perdu.
L'amour est une mer agitée de vagues et de vents, qui n'a port ni rivage.
La volonté de ne plus aimer est encore de l'amour et la volonté d'aimer encore ne l'est déjà plus, le désir de ne plus se souvenir appelle encore la mémoire, alors que le désir de se souvenir encore convoque déjà l'oubli.