Auteur

William Faulkner

Hier ne finira que demain, et demain a commencé il y a dix mille ans.
L'art est plus simple que ne pensent les gens parce qu'il y a si peu de choses à écrire.
La mémoire croit avant que la connaissance ne se rappelle.
Lui qui n'avait pas attendu que le temps et tout ce qu'apporte le temps lui apprissent que le suprême degré de la sagesse était d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu'on les poursuit.
Il croyait que c'était à la solitude qu'il tentait d'échapper, et non pas à lui-même.
Remuant les lèvres comme si elle voulait se rendre compte du goût des mots.
Je pouvais nous entendre tous, et l'obscurité aussi, et quelque chose que je pouvais sentir. Et puis j'ai pu voir la fenêtre où les arbres faisaient du bruit. Et puis le noir a commencé à s'en aller en formes douces et brillantes comme il fait toujours.
Nous avons continué notre route dans la poussière fine, nos pieds silencieux comme du caoutchouc dans la fine poussière où des crayons de soleil filtraient à travers les arbres.
A regarder de près, un rêve n'est pas chose sans danger. C'est comme un pistolet à double détente. S'il vit assez longtemps, il finit par blesser quelqu'un.
Le passé ne meurt jamais. Ce n'est même pas le passé.
Avoir conscience d'être ceci ou cela implique une comparaison, un rapport avec son contraire. Vivez donc votre rêve, mais ne le réalisez pas. Sinon ce sera l'ennui. Ou le désespoir. Lequel est pire?
Mon rêve était de vieillir avec mes livres parmi mes roses. Lire, jusqu'à ce que mes yeux n'en puissent plus, et ensuite m'asseoir au soleil. Maintenant, bien sûr, avec mon fils à la maison, c'est un projet à mettre de côté.
Le tragique de la vie est qu'il faut qu'elle soit prématurée, non concluante et sans conclusion possible pour être la vie ; il faut qu'elle soit déjà avant d'être la vie, qu'elle soit en avance sur elle-même, pour avoir jamais été.
Cette immobilité sans entrave qu'on appelle la liberté.
Il croyait que c'était à la solitude qu'il tentait d'échapper, et non à lui-même.
La sagesse suprême est d'avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre du regard tandis qu'on les poursuit.
C'est peut-être là la raison d'être des guerres. Donner un sens à la paix.
L'homme qui proclame que ses aïeux ne l'intéressent pas est seulement un peu moins vain que celui qui fonde toutes ses actions sur la supériorité de sa race.
Je me rappelais que mon père avait coutume de dire que le but de la vie c'est de se préparer à rester mort très longtemps.
Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide.
Ce qu'il y a de plus triste dans l'amour, c'est que non seulement l'amour ne peut pas durer toujours, mais que les désespoirs qu'il cause sont vite oubliés.
Et puis, on n'est pas au monde pour avoir une vie facile. Il n'y aurait pas de raison pour être bon et mourir.
Elles m'iront comme un gant. Y'a deux choses qui vont à n'importe qui : un mouchoir quand vous avez le nez qui coule et une paire de godasses quand vous avez les pieds nus.
Si on pouvait tout simplement se défaire dans le temps. Ce serait agréable. Ce serait agréable si on pouvait tout simplement se défaire dans le temps.
C'est drôle de le voir. Il a l'air d'un homme qui, incapable de jouer un air, souffle bien fort dans une trompette dans l'espoir que, dans une minute, ça deviendra de la musique.

Œuvres de William Faulkner

Absalon, Absalon ! (1953)Correspondance avec CowleyCoucher de soleil et autres croquis de la Nouvelle-Orléans (2012)Idylle au désertL'Intrus (1948)La Trilogie des Snopes (1940-1959)Le bruit et la fureurLe bruit et la fureur (1929)Lumière d'août (1932)Monnaie de singe (1926)Monnaies de singeMoustiquesPylône (1946)Requiem pour une nonne (1951)Sanctuaire (1931)Sartoris (1929)Tandis que j'agonise (1934)Treize Histoires (1931), Une odeur de verveine