Auteur

William Faulkner

Les mots sont comme les glands. Chacun d'eux ne donne pas un chêne, mais si vous en plantez un nombre suffisant, vous obtiendrez sûrement un chêne tôt ou tard.
Ce qu'il y a de triste dans l'amour, c'est que non seulement l'amour ne peut pas durer toujours, mais que les désespoirs qu'il cause sont vite oubliés.
Il n'y a rien de plus vulgaire que les surnoms. Il n'y a que dans le peuple qu'on en donne.
... les batailles ne se gagnent jamais. On ne les livre même pas. Le champ de bataille ne fait que révéler à l'homme sa folie et son désespoir, et la victoire n'est jamais que l'illusion des philosophes et des sots.
... la meilleure façon de prendre les gens, noirs ou blancs, c'est de les prendre pour ce qu'ils croient être, et ensuite de les laisser tranquilles.
... un vivant vaut toujours mieux qu'un mort mais un vivant et un mort ne valent jamais mieux qu'un autre vivant et un autre mort.
Mon père dit qu'un homme est la somme de ses propres malheurs. On pourrait penser que le malheur finirait un jour par se lasser, mais alors, c'est le temps qui devient votre malheur, dit papa.
... cette faculté des adultes d'être convaincus de n'importe quoi par un air de supériorité silencieuse.
(L'argent) n'appartient à personne. Alors, pourquoi chercher à l'économiser?
Comme beaucoup de personnes froides et faibles, une fois en présence d'un irrémédiable désastre, elle trouvait, on ne sait où, une sorte de courage, de force.
L'homme sait si peu de chose sur son prochain. A nos yeux, hommes et femmes agissent toujours pour les mêmes motifs qui nous pousseraient nous-mêmes si nous étions assez fous pour agir comme eux.
Les gens plaignent parfois ceux qu'ils ont forcé à faire ce qu'ils voulaient.
Un homme craint davantage ce qui pourrait lui arriver que les ennuis qu'il a déjà soufferts. Il se cramponne aux ennuis qu'il a déjà soufferts plutôt que de risquer un changement.
L'homme dont les mensonges sont le plus aisément acceptés est celui qui, toute sa vie, a joui de la réputation de franchise.
(Les chevaux) ne sont pas femmes. Même une jument est une espèce d'homme.
Un fait est oublié dès qu'il a succombé à l'insistance que met l'esprit à le considérer comme ni vrai ni faux.
Un fataliste peut toujours être retenu: par curiosité, pessimisme ou simple inertie.
Je sais maintenant que ce qui fait d'un homme un imbécile c'est son inaptitude à suivre même les bons conseils qu'il se donne à lui-même.
Une des plus heureuses facultés de l'esprit est de pouvoir rejeter ce que la conscience refuse d'assimiler.
C'est drôle, les gens. Ils ne s'attachent à une idée ou à une action que s'ils trouvent une raison nouvelle de la répéter souvent. Et puis, quand ils ont trouvé cette raison, il peut très bien arriver qu'ils changent d'avis.
(Le mariage est) deux ombres enchaînées ensemble par l'ombre d'une chaîne.
Tout homme a le privilège de se détruire lui-même pourvu qu'il ne fasse de mal à personne, et moyennant qu'il vive pour lui-même et de lui-même...
Les femmes ne sont que des organes génitaux articulés et doués de la faculté de dépenser tout l'argent qu'on possède.
On dirait que l'homme peut tout supporter. Même ce qu'il n'a pas fait. Même l'idée qu'il n'en peut supporter davantage.
Il était pareil à un homme qui a perdu son chemin dans la forêt et qui ramasse du bois pour le cas où il finirait par en sortir.

Œuvres de William Faulkner

Absalon, Absalon ! (1953)Correspondance avec CowleyCoucher de soleil et autres croquis de la Nouvelle-Orléans (2012)Idylle au désertL'Intrus (1948)La Trilogie des Snopes (1940-1959)Le bruit et la fureurLe bruit et la fureur (1929)Lumière d'août (1932)Monnaie de singe (1926)Monnaies de singeMoustiquesPylône (1946)Requiem pour une nonne (1951)Sanctuaire (1931)Sartoris (1929)Tandis que j'agonise (1934)Treize Histoires (1931), Une odeur de verveine