Auteur

Vladimir Jankélévitch

J'aime que la musique ne soit pas sourde à la chanson du vent dans la plaine, ni insensible aux parfums de la nuit.
Nous vivons du poison dont on meurt.
Où allons-nous si les gens commencent à croire vraiment ce qu'on leur dit - et qui est fait pour n'être pas cru! Qui sait si, au lieu du mensonge, il ne faudra pas finir par leur dire un jour la vérité?
... il ne faut pas vouloir être trop fin si l'on veut éviter les bévues, ou plutôt il faut l'être assez pour ne l'être pas quand on doit avant tout être simple.
Trop de lucidité dessèche; en sorte qu'une conscience délicate ne va jamais sans quelque aveuglement, sans l'ingénuité du coeur et la crédulité de l'esprit. C'est cette conscience que l'ironie des esprits forts impitoyablement pourchasse et neutralise.
Hélas! pourquoi ne peut-on à la fois être raisonnable et ardent?
Il n'y a que le vrai qui ne soit pas vraisemblable, il n'y a que le romanesque artificiel qui soit en tous points convaincant.
Chaque repas que l'on fait est un repas de moins à faire.
On ne peut pas être à la fois tout et quelque chose.
L'homme aventureux représente un style de vie, au lieu que l'aventurier est un professionnel des aventures.
L'amour, c'est un problème résolu à l'infini.
La mort! Cet objet, hélas! si bien connu, et pourtant si inconnu, et par conséquent si méconnu, n'est-il pas le méconnaissable par excellence?
L'urgence, c'est le pressant avenir immédiat ... le futur en train de se faire présent.
La gaffe est l'administration massive, intempestive et inopportune de ces vérités qu'une posologie civilisée dose en général goutte par goutte.
On peut me remplacer dans telle ou telle fonction particulière... mais non en tant qu'homme.
Le jaloux en veut à celui qu'il considère comme son ennemi simplement parce qu'il est riche, beau ou fort - mais le méchant déteste le haï bien qu'il soit pauvre, laid et faible.
Comment le mensonge ne serait-il pas une tentation quand l'homme faible et puéril est si vite ébloui.
L'homme détaché écrit le testament du bonheur le jour même de sa naissance.
La mort n'est pas un grand voyage, elle n'est pas semblable au sommeil. Elle n'est pas une maladie. C'est la maladie des maladies.
La mort est une maladie des bien portants et des malades. Quand on n'est pas malade, on est encore quelqu'un qui doit mourir.
Un mois de mai viendra peut-être où... les hommes se demanderont: comment ai-je pu avoir si peur?
La morale a toujours le dernier mot.
Le jour même où le sentiment se déclare, nous prenons nos dispositions pour n'être pas surpris par son déclin.
On peut déclamer sa maladie ou réciter la mort des autres, mais sa mort propre, on la meurt toujours avec naturel.
La ride est une allusion à la mort.

Œuvres de Vladimir Jankélévitch

Cité par Serge Bouchard dans De la fin du mâle, de l'emballage et autres lieux communs.Conférence à Bourges, décembre 1981.Interview dans Le Monde, 10 décembre 1971.L'Austérité et la Vie morale (1956)L'Aventure, l'ennui, le sérieux (1976)L'Ironie (1979)L'Irréversible et la nostalgie (1974)La Mort (1966)Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien (1980)Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien (1981)Le Je-ne-sais-quoi et le presque rien (1980)Le Monde, 10 décembre 1971.Le Paradoxe de la morale (1981)Philosophie morale, Du mensongePhilosophie morale, La Mauvaise ConscienceQuelque part dans l'inachevéQui suis-je?