La ride est une allusion à la mort.
Si la mort n'est pensable ni avant, ni pendant, ni après, quand pourrons-nous la penser?
Quand on pense à quel point la mort est familière, et combien totale est notre ignorance, et qu'il n'y a jamais eu aucune fuite, on doit avouer que le secret est bien gardé!
La mort n'est pas la malchance exceptionnelle de certains hommes, ni le malheur de certains déshérités, elle est une malédiction commune à tous.
L'événement de la mort n'est une «éventualité» que dans sa date et ses circonstances. Biologiquement, statistiquement, qu'y a-t-il de plus prévu que le fait de la mort?
La mort est le seul événement biologique auquel le vivant ne s'adapte jamais.
Le mourant est dans la situation d'un homme qui sort de chez soi sans la clé et ne peut plus rentrer parce que la porte fermée ne s'ouvre que du dedans: la sortie seule est permise... à vos risques et périls!
La mort, vue de près, ne nous apprend littéralement rien sur elle-même, et elle n,est pas mieux connue de près que de loin.
Nous appréhendons l'instant mortel parce qu'il amorce une éternité de non-être dont nous n'avons aucune idée.
Oubliée de tous, perdue dans le lointain du passé, la vie de n'importe qui a été pour toujours, et jusqu'aux siècles des siècles, et jusqu'à l'extrême fin des temps, l'unique chance de réalisation de ce n'importe qui.
Du moment que quelqu'un est né, a vécu, il en restera toujours quelque chose, même si on ne peut dire quoi.