Auteur

Simone Weil

Une très belle femme qui regarde son image au miroir peut très bien croire qu'elle est cela. Une femme laide sait qu'elle n'est pas cela.
Il faut se déraciner. Couper l'arbre et en faire une croix, et ensuite la porter tous les jours.
C'est un grand danger d'aimer Dieu comme un joueur aime le jeu.
Une science qui ne nous approche pas de Dieu ne vaut rien. - Mais si elle nous en fait mal approcher, c'est-à-dire d'un Dieu imaginaire, c'est pire...
L'amour est un signe de notre misère. Dieu ne peut aimer que soi. Nous ne pouvons aimer qu'autre chose.
Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie: s'aimer soi-même comme un étranger.
Parmi les êtres humains, on ne reconnaît pleinement l'existence que de ceux qu'on aime.
L'amour a besoin de réalité. Aimer à travers une apparence corporelle un être imaginaire, quoi de plus atroce, le jour où l'on s'en aperçoit? Bien plus atroce que la mort, car la mort n'empêche pas l'aimé d'avoir été.
Le beau est ce qu'on ne peut pas vouloir changer.
La création: le bien mis en morceaux et éparpillé à travers le mal. - Le mal est l'illimité, mais il n'est pas l'infini. - Seul l'infini limite l'illimité.
Quand on a péché par injustice, il ne suffit pas de souffrir justement, il faut souffrir l'injustice.
Le péché contre l'Esprit consiste à connaître une chose comme bonne et à la haïr en tant que bonne.
Devoir de comprendre et de peser le système de valeurs d'autrui, avec le sien, sur la même balance. Forger la balance.
Je ne dois pas aimer ma souffrance parce qu'elle est utile, mais parce qu'elle est.
Ne pas chercher à ne pas souffrir ni à moins souffrir, mais à ne pas être altéré par la souffrance.
Le malheur contraint à reconnaître comme réel ce qu'on ne croit pas possible.
Dire que le monde ne vaut rien, que cette vie ne vaut rien, et donner pour preuve le mal, est absurde, car si cela ne vaut rien, de quoi le mal prive-t-il?
Et si on conçoit la plénitude de la joie, la souffrance est encore à la joie comme la faim à la nourriture.
De même il faut aimer beaucoup la vie pour aimer encore davantage la mort.
Alexandre (Le Grand) est à un paysan propriétaire ce qu'est don Juan à un mari heureux.
Méthode d'investigation: dès qu'on a pensé quelque chose, chercher en quel sens le contraire est vrai.
... l'usage principal de la douleur ... est de m'apprendre que je ne suis rien.
Essayer de remédier aux fautes par l'attention et non par la volonté.
La science, aujourd'hui, cherchera une source d'inspiration au-dessus d'elle ou périra.
Deux prisonniers, dans des cachots voisins, qui communiquent par des coups frappés contre le mur. Le mur est ce qui les sépare, mais aussi ce qui leur permet de communiquer. Ainsi nous et Dieu. Toute séparation est un lien.

Œuvres de Simone Weil

A propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français (1943)Attente de DieuAttente de Dieu (1942)Cahiers (1956), 2Cahiers (1956), 3Carnets (1935)Citée par Gustave Thibon dans L'ignorance étoilée (1974)Conditions premières d'un travail non servile (2014)Ecrits historiques et politiques (1960)Ecrits historiques et politiques, 1. L'engagement syndical (1927-juillet 1934) (1988)Intuitions pré-chrétiennes (1951)L'EnracinementL'Enracinement (1943)L'Enracinement (1943), I, Les besoins de l'âmeL'Enracinement (1943), IIILa Condition ouvrière (1951)La Condition ouvrière (1951), XV. Expérience de la vie d'usine (Marseille, 1941-1942)La Connaissance surnaturelle (1950)La Pesanteur et la Grâce (1947)La Pesanteur et la Grâce (1947), Détachement