Auteur

Simone Weil

Aimer un être, c'est tout simplement reconnaître qu'il existe autant que vous.
Dans le domaine de l'intelligence, la vertu d'humilité n'est pas autre chose que le pouvoir d'attention.
Dès qu'on a pensé quelque chose, chercher en quel sens le contraire est vrai.
Dieu ne peut être présent dans la création que sous la forme d'absence.
J'ai eu soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que les esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer, et moi parmi les autres.
L'avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien; c'est nous qui, pour le construire, devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même.
La beauté, c'est l'harmonie du hasard et du bien.
La contemplation du temps est la clef de la vie humaine.
La joie est notre évasion hors du temps.
La nécessité est l'écran mis entre Dieu et nous pour que nous puissions être. C'est à nous de percer l'écran pour cesser d'être.
Plus le niveau de la technique est élevé, plus les avantages que peuvent apporter des progrès nouveaux diminuent par rapport aux inconvénients.
Dans un poème, si l'on demande pourquoi tel mot est à tel endroit, et s'il y a une réponse, ou bien le poème n'est pas de premier ordre, ou bien le lecteur n'a rien compris.
La pensée fuit le malheur aussi promptement, ausssi irrésistiblement qu'un animal fuit la mort.
Toutes les fois qu'on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi.
Seul est éternel le devoir envers l'être humain comme tel.
Une obligation, ne serait-elle reconnue par personne, elle ne perd rien de la plénitude de son être.
Un homme qui serait seul dans l'univers n'aurait aucun droit, mais seulement des obligations.
Les collectivités ne pensent point.
On pense aujourd'hui à la révolution, non comme à une solution des problèmes posés par l'actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes.
Rien au monde ne peut empêcher l'homme de se sentir né pour la liberté. Jamais, quoi qu'il advienne, il ne peut accepter la servitude; car il pense.
L'homme voudrait être égoïste et ne peut pas. C'est le caractère le plus frappant de sa misère et la source de sa grandeur.
La pureté est le pouvoir de contempler la souillure.
Tuer par la pensée tout ce qu'on aime: seule manière de mourir.
Nous ne possédons rien au monde - car le hasard peut tout nous ôter - sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est-à-dire détruire. Il n'y a absolument aucun autre acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je.
L'enfer est du néant qui a la prétention et donne l'illusion d'être.

Œuvres de Simone Weil

A propos de la question coloniale dans ses rapports avec le destin du peuple français (1943)Attente de DieuAttente de Dieu (1942)Cahiers (1956), 2Cahiers (1956), 3Carnets (1935)Citée par Gustave Thibon dans L'ignorance étoilée (1974)Conditions premières d'un travail non servile (2014)Ecrits historiques et politiques (1960)Ecrits historiques et politiques, 1. L'engagement syndical (1927-juillet 1934) (1988)Intuitions pré-chrétiennes (1951)L'EnracinementL'Enracinement (1943)L'Enracinement (1943), I, Les besoins de l'âmeL'Enracinement (1943), IIILa Condition ouvrière (1951)La Condition ouvrière (1951), XV. Expérience de la vie d'usine (Marseille, 1941-1942)La Connaissance surnaturelle (1950)La Pesanteur et la Grâce (1947)La Pesanteur et la Grâce (1947), Détachement