Auteur

Simone de Beauvoir

N'appelle pas le médecin, je ne déraille pas. Je dis ce que je pense, c'est tout.
Rousset, dans le Nouveau Candide a essayé de le descendre en flammes, prétendant que son récit n'était pas un document mais un roman.
Elle plongea ses mains dans ses cheveux dénudant ses tempes désertiques.
La vie, ça ne se détaille pas, il faut la prendre en bloc, c'est tout ou rien.
A cause de la pauvreté des images, la rêverie est inconsistante, le dévidage des souvenirs s'épuise vite.
Elle était blonde, diaphane et élégante.
Contre les chars d'assaut de Franco, les dinamiteros lançaient des grenades et des bouteilles enflammées.
Il avait aimé se dissimuler qu'en U.R.S.S. aussi il ya vait quelque chose de pourri.
Nous aimions les musiques exotiques, les quais de la Seine, les péniches et les rôdeurs, les petits caboulots douteusement famés, le désert des nuits.
Je me reprochais d'être duplice, hypocrite.
Il y en a peu qui pleurent; quelques-unes tout de même, accrochées au cou de leur homme. Les soldats plaisantent: «Alors, c'est les grandes eaux!»
Les communiqués annonçaient que les forces européennes effectuaient un repli élastique afin de «raccourcir» le front.
Entre les bras de l'élu, la pure jeune fille se change allègrement en une claire jeune femme.
Ecoutez: une bonne enceinte, sur mono, vaut de six cent mille au million. En stéréo, comptez deux millions.
Les arbres ont une luxuriance tropicale, des lianes s'y enchevêtrent.
De-ci de-là on aperçoit encore d'anciennes maisons à colombages, aux fenêtres encorbellées, décorées de bois sculpté.
C'était un lourd collier de cuivre, d'ambre et d'os, un bijou exotique sans valeur marchande qui ferait sourire de mépris des femmes endiamantées.
Le sifflet du train qui file à travers la campagne enténébrée m'arrive du fond d'un univers fictif.
Je ne suis pas une cachottière, moi, je ne m'entoure pas de mystère.
Il souhaitait dans cette série de tableaux «entourlouper» le public en lui jouant une «comédie des erreurs».
Elle avait épilé ses sourcils; son visage s'était épaissi et légèrement couperosé.
Il l'a emmenée dans un élégant cabaret «belle époque»: lumières tamisées, miroirs, plantes vertes, des recoins discrets avec des sofas.
Le conseil a décidé de se débarrasser des bouches inutiles. Demain, avant le coucher du soleil, on chassera dans les fossés les infirmes, les vieillards, les enfants. Les femmes.
La nuit n'est qu'un décor; si j'essaie de la saisir, d'en faire la substance même des instants que je vis, elle fond dans mes mains. Il faudrait que quelque chose m'arrive, quelque chose de vrai, et tout le reste me serait donné de surcroît.
S'évanouir, pleurer, vomir, les femmes ont cette ressource: mais ça ne sert à rien non plus. On est sans recours en face des morts.

Œuvres de Simone de Beauvoir

A propos de la mort de François Mauriac.Cité par Olivier Todd dans Un fils rebelle (1981).Correspondance croisée avec Jacques-Laurent Bost (2004)Entretien donné en janvier 1978 par la féministe, auteure du « Deuxième Sexe », à Pierre Viansson-Ponté, pour Le MondeIn La force des choses de Simone de BeauvoirL'Amérique au jour le jourL'Amérique au jour le jour (1948)L'InvitéeL'Invitée (1943)La Femme rompue (1968)La Force de l'âge (1960)Le Deuxième Sexe (1949)Le Sang des autresLes Belles Images (1966)Les Mandarins (1954)Les Temps modernes, numéros 109 à 115 (1955), Jean-Paul Sartre.Les bouches inutilesLes bouches inutiles (1945)Lettres à Nelson Algren (1997)Mémoires d'une jeune fille rangée (1958)