Faire du théâtre, l'unique manière de ne pas s'y ennuyer.
Les religions sont peu prolixes sur cette question que j'adore: que diable faisait Dieu avant la création?
Qui aime un chat aime tous les chats. - Qui aime son chien n'aime pas les autres.
La corrida à visage humain: les poseurs de pansements interviennent après les banderilleros, et avec quelle adresse! - Le Mercurochrome ajoute à la couleur locale.
Les anticommunistes sont terriblement désoeuvrés.
La promotion des grands sentiments engraisse les crapules.
En matière de culture, je fais mon marché tout seul. Je suis le terrain, je sais ce qui pousse.
Dieu voit tout, entend tout, confond tout.
Les femmes sont plus franchement mammifères que les hommes.
Pour changer d'idée, il suffit de pencher la tête, ça fait glisser tout le merdier. On entend presque le bruit des piles qui s'effondrent.
Quand on prononce le mot «concupiscent» on dit aussi un peu caca.
En langue basque, AIZ signifie pierre, AIZKOLAR, hache, AIZKOLARIK, bûcheron. Voilà ce que j'appelle une langue ancienne.
Il connaît toutes les ficelles, c'est un vrai pantin.
Quand la société serre les fesses, les espaces de liberté individuelle rétrécissent.
Peu à peu, les vieilles religions perdent leur venin, les plus récentes sont les pires.
L'erreur, comme le rire, est le propre de l'homme. Mais infiniment plus créatrice.
Les êtres humains, autant que le vin, ont besoin d'acidité pour vieillir. Sinon, ils se madérisent.
L'humanité a besoin de sublime. Le sublime du sublime, c'est l'art. Le sublime de l'art, c'est l'avant-garde.
Le condamné est un mets délicieux. Mangé frais, ses chairs se détachent facilement, et ont une délicatesse que l'on serait loin d'imaginer chez les garçons, surtout ceux ayant passé une grande partie de leur existence à l'ombre.
Stupéfiant! Tout le temps que j'avais devant moi, il est derrière.
Idée pour faire une carrière d'artiste conceptuel: signer les dessins d'enfants.
Pour ou contre la pub dans les cimetières?
Le temps n'est pas moins pollué que l'espace: je viens de passer un sale quart d'heure.
Les journaux regorgent d'histoires de braves gens pris en otages à la banque par des gangsters, mais ils restent muets sur les cas, pourtant plus fréquents, de clients pris en otages pas leur banquier.
Au lieu de discourir continuellement sur la violence, on ferait mieux de cogner.
Œuvres de Roland Topor
Café Panique (1982)In Le nouvel observateur (1989)Interlude dans Le Monde, 11 octobre 1981.Jachère-party (1996)Journal in time (1989)La Princesse Angine (1967)Le Locataire chimérique (1964)Made in Taïwan, copyright in Mexico (1997)Mémoires d'un vieux conPense-bêtesPense-bêtes (1992)Portrait en pied de SuzanneRevue Le Fou parle, n° 3.