Chacun de nous se croit seul en enfer, et c'est cela l'enfer.
Toute pratique rituelle, toute signification mythique, a son origine dans un meurtre réel.
Il y a toujours mort d'homme à l'origine de l'ordre culturel.
La tragédie a ... une force ordonnatrice bénéfique, apollinienne, dès qu'on entre dans la mouvance culturelle.
Nous devons nous détruire ou nous aimer, et les hommes - nous le craignons - préfèreront se détruire.
Si la tragédie a un caractère sacrificiel, elle a nécessairement une face maléfique, dionysiaque dira Nietzsche, liée à sa création, et une face ordonnatrice bénéfique, apollinienne, dès qu'on entre dans la mouvance culturelle.
Le dynamisme de cette oeuvre tend à dépasser le pan-sexualisme initial.
La présente théorie a ceci de paradoxal qu'elle prétend se fonder sur des faits dont le caractère empirique n'est pas vérifiable empiriquement. On ne peut atteindre ces faits qu'à travers des textes ...
On sait, désormais, que dans la vie animale, la violence est pourvue de freins individuels. Les animaux d'une même espèce ne luttent jamais à mort; le vainqueur épargne le vaincu. L'espèce humaine est privée de cette protection.
Il est inévitable qu'à un moment donné, même les meilleurs amis du monde croisent sur leur chemin un objet qu'ils ne peuvent ni ne souhaitent partager.
Si l'on est trop assuré de leur possession, même les biens les plus importants et les plus rares perdent l'attrait qui était le leur.
Chacun se croit seul en enfer et c'est cela l'enfer.
Les parents s'étonnent d'avoir produit des monstres ; ils voient dans leurs enfants l'antithèse de ce qu'ils sont eux-mêmes. Ils ne perçoivent pas le lien entre l'arbre et le fruit.
Nous sommes hypnotisés par des dieux dérisoires et notre souffrance redouble de les savoir dérisoires.
Ce regard si redouté, ce regard qui est la mort de l'orgueil est un regard sauveur.
Une victoire sur l'amour-propre nous permet de descendre profondément dans le Moi et nous livre, d'un même mouvement, la connaissance de l'Autre. A une certaine profondeur le secret de l'Autre ne diffère pas de notre propre secret.
L'amour, comme la violence, abolit les différences.
L'imitation ne se contente pas de rapprocher les gens ; elle les sépare, et le paradoxe est qu'elle peut faire ceci et cela simultanément.
Dès lors qu'un rôle nous appartient en propre, dès lors qu'on est officiellement et culturellement habilité à le jouer, il perd de son prestige. Le rôle des autres est toujours plus fascinant que le sien.
L'envie est de tous les péchés le plus difficile à avouer, et le plus répandu.
De toutes les menaces qui pèsent sur nous, la plus redoutable, nous le savons, la seule réelle, c'est nous-mêmes.
La foule tend toujours vers la persécution
La foule tend toujours vers la persécution car les causes naturelles de ce qui la trouble, de ce qui la transforme en turba ne peuvent pas l'intéresser.
Œuvres de René Girard
Achever Clausewitz (2007)Celui par qui le scandale arrive (2001)Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978)La Violence et le Sacré (1972)Le Bouc émissaireMensonge romantique et vérité romanesqueMensonge romantique et vérité romanesque (1961)Shakespeare : les feux de l'envie (1990)Shakespeare : les feux de l'envie (1990)Shakespeare : les feux de l'envie (1990)