Auteur

Pierre Joseph Proudhon

Le mariage est le sacrement de la Justice, le mystère vivant de l'harmonie universelle, la forme donnée par la nature même à la religion du genre humain.
La propriété, c'est le vol.
La propriété et la royauté sont en démolition dès le commencement du monde; comme l'homme cherche la justice dans l'égalité, la société cherche l'ordre dans l'anarchie.
Le salaire du travailleur ne dépasse guère sa consommation courante et ne lui assure pas le salaire du lendemain; tandis que le capitalisme trouve dans l'instrument produit par le travailleur un gage d'indépendance et de sécurité pour l'avenir.
La République est une anarchie positive [...] C'est la liberté délivrée de toutes ses entraves, la superstition, le préjugé, le sophisme, l'agiotage, l'autorité; c'est la liberté réciproque, et non pas la liberté qui se limite; la liberté non pas fille de l'ordre, mais MÈRE de l'ordre.
C'est une preuve de médiocrité philosophique que de chercher aujourd'hui une philosophie.
L'homme devient athée lorsqu'il se sent meilleur que son Dieu.
Les Etats les plus antagoniques sont les Etats limitrophes.
Les économistes nous enseignent que certains objets, l'eau, l'air, la lumière, ne sont pas appropriables.
Le socialisme, c'est la communauté du mal, l'imputation faite a la société des fautes individuelles, la solidarité entre les délits de chacun. La propriété, au contraire, par sa tendance, est la distribution commutative du bien et l'insolidarité du mal.
La propriété moderne peut être considérée comme le triomphe de la liberté. La propriété est destinée à devenir, par sa généralisation, le pivot et le ressort de tout le système social.
Le problème consiste donc, pour les classes travailleuses, non à conquérir, mais à vaincre à la fois le pouvoir et le monopole.
L'humanité est évolutive et changeante comme tout les êtres vivants.
Il serait, à mon avis, d'une mauvaise politique pour nous, de parler en exterminateurs; les moyens de rigueur viendront assez: le peuple n'a besoin pour cela d'aucune exhortation !
En résumé, qui dit liberté, dit fédération ou ne dit rien. - Qui dit république, dit fédération ou ne dit rien. - Qui dit socialisme, dit fédération ou encore rien.
S'il est un être qui, avant nous et plus que nous, ait mérité l'enfer, il faut bien que je le nomme: c'est Dieu.
Le Coran n'enseigne nulle part l'intolérance; il reconnaît la mission de Moïse, celle de Jésus-Christ; il dit que Dieu a donné à chaque peuple la loi qui lui convient, mais qu'il a envoyé Mahomet aux Arabes. Quoi de plus conciliant?
L'or est le talisman qui glace la vie dans la société, qui enchaîne la circulation, qui tue le travail et le crédit, qui constitue tous les hommes dans un esclavage mutuel.
Religion pour religion, l'urne populaire est encore au-dessous de la sainte-ampoule mérovingienne. Tout ce qu'elle a produit a été de changer la science en dégoût, et le scepticisme en haine.
La Justice révolutionnaire et la Justice théologale ne sont pas deux puissances qui s'équilibrent, elles sont l'une à l'autre ce que l'idée positive est à l'allégorie, la science au mythe, la réalité au rêve, le corps à l'ombre.
Salut à la guerre! C'est par elle que l'homme, à peine sorti de la boue qui lui sert de matrice, se pose dans sa majesté et sa vaillance. C'est sur le corps d'un ennemi battu qu'il fait son premier rêve de gloire et d'immortalité.
Etre Gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu...
Si j'avais à répondre à la question suivante : Qu'est-ce que l'esclavage ? et que d'un seul mot je répondisse : c'est l'assassinat, ma pensée serait d'abord comprise. Je n'aurais pas besoin d'un long discours pour montrer que le pouvoir d'ôter à l'homme la pensée, la volonté, la personnalité, est un pouvoir de vie et de mort, et que faire un homme esclave, c'est l'assassinat.
Pourquoi donc à cette autre demande : Qu'est-ce que la propriété ? ne puis-je répondre de même : c'est le vol, sans avoir la certitude de n'être pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la première transformée ?
Dans mes premiers mémoires, attaquant de front l'ordre établi, je disais, par exemple : La propriété, c'est le vol ! Il s'agissait de protester, de mettre pour ainsi dire en relief le néant de nos institutions. Je n'avais point alors à m'occuper d'autre chose. Aussi, dans le mémoire où je démontrais, par A plus B, cette étourdissante proposition, avais-je soin de protester contre toute conclusion communiste.

Œuvres de Pierre Joseph Proudhon

Carnets (1847-1851)Confessions d'un révolutionnaireCorrespondance, 3 mai 1860De l'utilité de la célébration du dimancheDe la justice dans la révolution et dans l'EgliseDe la justice dans la révolution et dans l'Eglise (1858)Du principe de l'art et de sa destination socialeDu principe fédératif et de la Nécessité de reconstituer le parti de la révolution (1863)Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse.Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle (1851)La Fédération et l'unité en ItalieLa Guerre et la PaixLa Guerre et la Paix (1861)La Guerre et la Paix (1861), ILa Révolution socialisteLa révolution socialeLe Peuple (1848)Lettre à Karl Marx, 1846Mélanges, IOrganisation du crédit et de la circulation et solution du problème social sans impôt, ... (1848)