Auteur

Pierre Joseph Proudhon

Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu'on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l'état d'un pays sont presque toujours ceux qui le représentent.
Nous marchons à grands pas vers la formation de cinq ou six grands empires. Ces empires une fois formés, rien ne remuera plus, d'autant moins même que, tôt ou tard, ils devront se faire la guerre.
Le peuple voudrait en finir; or il n'y a pas de fin.
Ce ne sont pas les hommes qui gouvernent les sociétés, ce sont les principes; à défaut de principes, ce sont les situations.
L'homme et la femme peuvent être équivalents devant l'Absolu: ils ne sont point égaux, ils ne peuvent pas l'être, ni dans la famille, ni dans la cité.
La liberté de chacun rencontrant dans la liberté d'autrui, non plus une limite mais un auxiliaire, l'homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables.
Périsse la patrie, et que l'humanité soit sauvée.
Nous avons exagéré le superflu, nous n'avons plus le nécessaire.
L'homme a beau étendre le cercle de ses idées, sa lumière n'est toujours qu'une étincelle promenée dans la nuit immense qui l'enveloppe.
L'homme vivant est un groupe.
Le gouvernement de l'homme par l'homme, sous quelque nom qu'il se déguise, est oppression.
L'homme n'est homme que par la société, laquelle, de son côté, ne se soutient que par l'équilibre des forces qui la composent.
La plus haute perfection de la société se trouve dans l'union de l'ordre et de l'anarchie.
La politique est la science de la liberté.
La république est une anarchie positive.
L'homme et la société se servent réciproquement de sujet et d'objet.
L'homme peut aimer son semblable jusqu'à mourir; il ne l'aime pas jusqu'à travailler pour lui.
C'est une règle de jurisprudence que le fait ne produit pas le droit: or, la propriété ne peut se soustraire à cette règle; donc, la reconnaissance universelle du droit de propriété ne légitime pas le droit de propriété.
L'athéisme n'est qu'une protestation contre l'insuffisance de la notion de divinité.
Je définis l'art une représentation idéaliste de la nature et de nous-mêmes, en vue du perfectionnement physique et moral de notre espèce.
Je prétends que ni le travail, ni l'occupation, ni la loi ne peuvent créer la propriété: qu'elle est un effet sans cause.
La puissance de l'Etat est une puissance de concentration. La propriété au rebours est une puissance de décentralisation.
De système, je n'en ai pas, j'en repousse formellement la supposition. Le système de l'humanité ne sera connu qu'à la fin de l'humanité.
Il doit exister aussi une science de la société, absolue, rigoureuse, basée sur la nature de l'homme et de ses facultés, et sur leurs rapports, science qu'il ne faut pas inventer, mais découvrir.
La justice est humaine, tout humaine, rien qu'humaine; c'est lui faire tort que de la rapporter, de près ou de loin, directement ou indirectement, à un principe supérieur ou antérieur à l'humanité.

Œuvres de Pierre Joseph Proudhon

Carnets (1847-1851)Confessions d'un révolutionnaireCorrespondance, 3 mai 1860De l'utilité de la célébration du dimancheDe la justice dans la révolution et dans l'EgliseDe la justice dans la révolution et dans l'Eglise (1858)Du principe de l'art et de sa destination socialeDu principe fédératif et de la Nécessité de reconstituer le parti de la révolution (1863)Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse.Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle (1851)La Fédération et l'unité en ItalieLa Guerre et la PaixLa Guerre et la Paix (1861)La Guerre et la Paix (1861), ILa Révolution socialisteLa révolution socialeLe Peuple (1848)Lettre à Karl Marx, 1846Mélanges, IOrganisation du crédit et de la circulation et solution du problème social sans impôt, ... (1848)