Auteur

Pierre Corneille

Je vois d'en haut tout comme père, - Prêt à donner la manne au généreux vainqueur; - Mais je réserve aussi misère sur misère - A quiconque manque de coeur.
Les injures ne sont que du vent et du bruit; - Et quiconque t'en charge en a si peu de fruit, - Qu'il te nuit bien moins qu'à soi-même.
La conquête est pénible, et la perte facile.
L' homme est changeant, et souvent il s' emporte avec empressement vers ce qu' il veut avoir.
Apprends à te connaître, et descends en toi-même.
Je sais ce que je vaux et crois ce qu'on m'en dit.
On aime point à voir ceux à qui l'on doit tout.
Précipice élevé d'où tombe mon honneur!
Dis-moi donc, lorsqu'Othon s'est offert à Camille, - A-t-il paru contraint? A-t-elle été facile? - Son hommage auprès d'elle, a-t-il eu plein effet? - Comment l'a-t-elle pris? Et comment l'a-t-il fait?
Ses rides sur son front ont gravé ses exploits.
Chimène: - Rodrigue, qui l'eût cru? - Don Rodrigue: - Chimène, qui l'eût dit?
Mourir pour le pays n'est pas un triste sort, - C'est s'immortaliser par une belle mort.
Paraissez Navarrais, Maures et Castillans.
Julie: - Que voulez-vous qu'il fît contre trois? - Le vieil Horace: - Qu'il mourût! Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.
Et le jeu, comme on dit, n'en vaut pas les chandelles.
Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne: - La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.
A raconter ses maux, souvent on les soulage.
Adieu, trop vertueux objet, et trop charmant, - Adieu, trop malheureux et trop parfait amant.
O soupirs! O respect! oh qu'il est doux de plaindre - Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre!
Ah! Ne me brouillez pas avec la République!
L'empire, je l'avoue, est encor quelque chose; - Mais nous ne sommes plus au temps de Théodose; - Et comme dans sa rce il ne revit pas bien, - L'empire est quelque chose, et l'Empereur n'est rien.
Il est beau de périr pour éviter un crime: - Quand on meurt pour sa gloire on revit dans l'estime; - Et triompher ainsi du plus rigoureux sort, - C'est s'immortaliser par une illustre mort.
Quoi, Rome ne veut pas quand vous avez voulu? - Que faites-vous, Seigneur, du pouvoir absolu... - Ah! si j'en puis juger sur ce qu'on voit paraître, - Vous en êtes l'esclave encor plus que le maître.
J'ai vécu pour ma gloire autant qu'il fallait vivre, - Et laisse un grand exemple à qui pourra me suivre.
Quoi? Vous causez sa perte, et n'avez point de pleurs!

Œuvres de Pierre Corneille

Agésilas (1666), II, 7Andromède (1650)Attila (1667), I, 2, ValamirAttila (1667), IV, 6, ArdaricAttila, I, 2, ValamirChansonCinna, ou La clémence d'Auguste (1640)Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 2, EmilieCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 4Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 1, EuphorbeCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 2, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 5, EmilieCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 2, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 4Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 2, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste