Auteur

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets?
O ces femmes! voulez-vous donner de l'adresse à la plus ingénue? enfermez-la!
Ah! fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons valets pour les y aider.
(Après avoir écouté en cachette) - Rosine: Et vous les avez écoutés, Monsieur Figaro? Mais savez-vous que c'est fort mal? - Figaro: D'écouter? C'est pourtant tout ce qu'il y a de mieux pour bien entendre.
Les femmes aiment beaucoup qu'on les appelle cruelles.
... le plus affreux supplice n'est-il pas de haïr, quand on sait qu'on est faite pour aimer?
Oh! ce qu'il dit... n'est pas ce qu'il veut dire! Mais saisir, en parlant, les mots qui lui échappent, le moindre geste, un mouvement; c'est là le secret de l'âme!
Je vois qu'on n'est compatissant que pour les maux qu'on éprouve soi-même.
Hasard! dieu méconnu! les Anciens t'appelaient destin! nos gens te donnent un autre nom...
Quand on craint une chose, tous nos regards se portent vers cet objet trop alarmant: quoi qu'on dise ou qu'on fasse, la frayeur empoisonne tout!
Ah! (la politique) est l'art de créer des faits; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes; l'intérêt est son but; l'intrigue son moyen: toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit.
Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint.
La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre.
Je lui dirais... que les sottises imprimées n'ont d'importance qu'aux lieux où l'on en gêne le cours; que, sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur; et qu'il n'y a que les petits hommes, qui redoutent les petits écrits.
Sait-on gré du superflu, à qui nous prive du nécessaire?
Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur.
Or, messieurs, la comédie - Que l'on juge en cet instant, - Sauf erreur, nous peint la vie - Du bon peuple qui l'entend. - Qu'on l'opprime, il peste, il crie, - Il s'agite en cent façons: - Tout finit par des chansons.
Le Comte: - Avec du caractère et de l'esprit, tu pourrais un jour t'avancer dans les bureaux. - Figaro: - De l'esprit pour s'avancer? Monseigneur se rit du mien. Médiocre et rampant; et l'on arrive à tout.
Le Comte: - Qui t'a donné une philosophie aussi gaie? - Figaro: - L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.
Sainte Amitié! tu n'es rien qu'un vain titre, si l'on ne remplit pas tes austères devoirs.
Pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir.
La sottise et la vanité sont compagnes inséparables.
Vous apprendrez de moi qu'il n'y a que les sots qui triomphent.
O ma vieillesse! pardonne à ma jeunesse, elle s'honorera de toi.
Mais, comme si le Ciel n'eût attendu aussi longtemps que pour me mieux punir d'une imprudence tant pleurée, tout semble s'unir à la fois pour renverser mes espérances.

Œuvres de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

Essai sur le genre dramatique sérieuxLa Mère coupable (1791)La Mère coupable (1791), II, 23, BégearssLa Mère coupable (1791), III, 8La Mère coupable (1791), III, 8, BégearssLa Mère coupable (1791), IV, 18Le Barbier de Séville (1775)Le Barbier de Séville (1775), I, 1Le Barbier de Séville (1775), I, 2Le Barbier de Séville (1775), I, 2, FigaroLe Barbier de Séville (1775), I, 2, le comteLe Barbier de Séville (1775), I, 3, Le ComteLe Barbier de Séville (1775), I, 4Le Barbier de Séville (1775), I, 6Le Barbier de Séville (1775), I, 6, FigaroLe Barbier de Séville (1775), I, VILe Barbier de Séville (1775), II, 10Le Barbier de Séville (1775), II, 10, FigaroLe Barbier de Séville (1775), II, 11, RosineLe Barbier de Séville (1775), II, 13