Auteur

Philippe Bouvard

La dignité de la personne humaine: dans cette locution et les idées qui l'accompagnent, il entre davantage de vanité d'espèce que d'authentique humanité.
La malignité: cette intelligence de ceux à qui on ne veut pas en reconnaître.
Je plains ceux qui, ne tenant pas un journal intime, n'ont aucune raison de noter ce qu'ils auraient intérêt à oublier.
La liberté de s'exprimer totalement devient sans objet quand on n'a plus d'interlocuteurs.
La maxime exige de son auteur deux caractéristiques qui vont généralement de pair: un passé long et le souffle court.
Le bon vieux temps: tout ce que la mémoire range dans ses débarras en gommant le médiocre pour ne retenir que le meilleur.
La modestie est, par définition, le seul sentiment qui cesse d'exister à l'instant où on commence à l'évoquer.
La modestie est un abus de confiance si elle dissimule un vrai talent ou une erreur stratégique si elle avoue de réelles faiblesses.
La malhonnêteté a davantage de classe quand elle sert à acheter des signes de respectabilité.
Ce qu'il y a de plus terrible dans la mort, c'est de ne pas pouvoir aller à ses rendez-vous du lendemain.
Les incessants progrès de la chirurgie, de la médecine et de la pharmacie sont angoissants: de quoi mourra-t-on dans vingt ans?
Le désespoir est à la mort ce que le beurre de cacao est au suppositoire: un excipient qui rend plus facile le passage.
Les morts qu'on n'a pas vus mourir paraissent moins morts que les autres. Exemptés des souffrances de l'agonie et de la corruption du tombeau, ce sont seulement des disparus. On a parfois l'impression qu'ils n'attendent qu'une occasion pour réapparaître.
Et si le bien qu'on dit toujours des disparus s'expliquait par la certitude qu'ils ne feront plus aucun mal?
Je ne l'ai jamais aimé. Il peut crever. Mais pas la gueule ouverte: il a trop mauvaise haleine.
Quand un homme politique reconnaît publiquement une erreur, ce n'est jamais par remords mais parce que la franchise lui semble - tardivement et momentanément - le moindre mal.
En politique la durée de la traversée du désert est laissée à l'initiative des chameaux.
Aujourd'hui, un ministre est réputé courageux quand il a décidé de faire le bonheur des gens contre leur volonté.
En matière de religion, j'éprouve quelque peine à admettre que le monde ait vécu dans le paganisme et l'obscurantisme durant des millions d'années et que le vrai Dieu ne se soit manifesté que voilà deux mille ans, c'est-à-dire hier.
Sur la corde raide de la vie, les remords font office de balanciers.
L'unicité de l'existence m'empêche de me contenter de la réussite des autres.
Je n'ai jamais été content de ce que je faisais. Quand je ne ferai plus rien je m'offrirai le luxe d'être content de ce que j'ai fait.
Si les scandales continuent, si les pauvres s'obstinent dans leur mauvaise humeur, l'argent finira par gâcher jusqu'au plaisir d'être riche.
Faire comprendre des choses complexes à des gens simples frise souvent l'abus de confiance.
Si je travaille autant c'est parce que j'éprouve plus de plaisir à terminer une tâche qu'à m'en débarrasser, parce que je suis très paresseux et qu'il me faudrait déployer davantage d'efforts pour refuser certaines collaborations que pour les assurer.

Œuvres de Philippe Bouvard

Bouvard de A à Z (2014)Douze mois et moi (1978)Douze mois et moi (1978), MarsJournal 1992-1996Journal 1997-2000Le Journal de Bouvard, 1992-1996 (1997)Lettre ouverte aux marchands du Temple (1967)Maximes au minimumMaximes au minimum (1999)Mille et une pensées (2005)ProverbesRéactions à la mort de Jean Yanne, le 23 mai 2003.TF1 le 18 août 2000, Nos meilleurs momentsTF1 le 5 avril 2002, 25 ans des \"Grosses Têtes\"Tous des hypocrites, sauf vous et moi (1979)Un oursin dans le caviar (1973)