Auteur

Paul Valéry

La guerre, c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas.
Nous ignorons tout des origines de la vie ; mais nous n'en savons pas davantage sur celles d'un caillou ou d'un atome de carbone.
Un livre vaut à mes yeux par le nombre et la nouveauté des problèmes qu'il crée, anime ou ranime dans ma pensée.
Un poète - ne soyez pas choqué de mon propos - n'a pas pour fonction de ressentir l'état poétique : ceci est une affaire privée.
Un Etat est d'autant plus fort qu'il peut conserver en lui ce qui vit et agit contre lui.
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous sentons qu'une civilisation a la même fragilité qu'une vie.
Je mets entre guillemets comme pour mettre, non tant en évidence, qu'en accusation, c'est un suspect.
Le peu que l'on sait, parfois est plus actif et fécond que le beaucoup.
Toute politique se réduit à ceci : celui qui a la force, ou qui est censé l'avoir, peut faire ce qu'il veut.
Qu'est-ce qui m'intéresse ? - Ce qui provoque mon accroissement - - Ce qui me renouvelle et m'augmente.
J'aime dans la vie moderne ce qui permettait de mener plus agréablement et facilement une vie non moderne.
Mon éthique est simple à énoncer. - A. N'augmente pas (si tu le peux) la quantité de souffrance. - B. Essayons de faire quelque chose de l'homme.
Il y a quelque chose de plus bête que le remords, c'est le contentement.
La mort est une surprise que fait l'inconcevable au concevable.
Que de prétextes, de paralogismes, d'excuses - fécondité, ingéniosité, - pour continuer à vivre !
L'amour naît d'un regard ; et un regard suffit pour engendrer une éternelle haine.
Je considère toute mon histoire, mes volontés et mes amours comme une ville d'autrefois, par la cendre ou le désert, ensevelie et effacée.
L'amour tient du rêve et du mouvement.
L'amour s'adresse à ce qui est caché dans son objet.
L'amoureux pressent le nouveau : il réfléchit de nouveau sur toute chose.
Les sensations propres de l'amour sont en dehors des lois de l'accoutumance.
La quantité de tendresse à ressentir, à exprimer en un jour, est limitée.
Il y a une sécheresse, une liberté ; et une joie de sécheresse et de liberté, qui, dans les phases les plus tendres, parfois paraissent, choquent - réjouissent le démon qui est dans l'amant.
La valeur vraie (c'est-à-dire utilisable) de l'amour est dans l'accroissement de vitalité générale qu'il peut donner à quelqu'un. Tout amour qui ne dégage pas cette énergie est mauvais.
La haine des autres est chose beaucoup plus claire que l'amour de soi.

Œuvres de Paul Valéry

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