Auteur

Octave Mirbeau

Chez moi, tout crime - le meurtre principalement - a des correspondances secrètes avec l'amour.
Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens.
Bien qu'elle affiche une certaine prétention dans ses toilettes, elle retarde d'au moins dix ans sur la mode... et quelle mode!
On ne professe pas qu'une ligne est belle et pourquoi elle est belle. Elle est belle... parce qu'elle est belle. Il n'y a pas autre chose à en dire.
Le ridicule n'existe pas: ceux qui osèrent le braver en face conquièrent le monde.
Monsieur Octave Mirbeau fait part à ses amis qu'il a épousé Mademoiselle Alice Regnault malgré ses quatre millions de dot.
Ceux qui se taisent disent plus de choses que ceux qui parlent tout le temps.
Cette tristesse et ce comique d'être un homme. Tristesse qui fait rire, comique qui fait pleurer les âmes hautes.
Quelqu'un jouait de l'accordéon ... Etait-ce bien d'un accordéon que venait cette musique? L'accordéon est un instrument pour polkas dans les bals, un orgue de barbarie timide; sa sonorité est mal posée, comme la voix d'un adolescent qui mue.
Son visage n'était qu'un amas de bourrelets de graisse.
Il collectionne toutes les chansons antijuives, tous les portraits en couleur des généraux, toutes les caricatures de bouts coupés.
Son antimilitarisme n'avait pas diminué. Il grondait sourdement chaque fois qu'il rencontrait un officier ou un soldat, un garde municipal, un sergent de ville ou un employé d'octroi.
Cet admirable antiseptique, l'ironie.
On vous gagne des argents énormes ... et il faudrait vous payer par-dessus le marché.
J'ai été chercher, à la gare, des bagages que nous avions fait expédier par le train. Au-dessus de la porte, j'ai lu cette inscription, en deux langues encore: Sortie des voyageurs sans bagages, et des autres aussi.
Un matin, j'apprends par mon chef basse-courier que j'ai deux poules diphtériques.
Pas de flafla ... comme on en voit dans de certaines maisons de Paris; mais du confortable sérieux, un air de décence riche, de vie provinciale cossue, régulière et calme.
Mais une femme de chambre à la coule, et qui à de l'oeil, sait parfaitement ce qui se passe chez ses maîtres.
Les domestiques apprennent le vice chez leurs maîtres... Entrés purs et naïfs - il y en a - dans le métier, ils sont vite pourris, au contact des habitudes dépravantes.
Legrel, par des expériences dynamométriques, a calculé et évalué au poids la force musculaire de l'araignée.
Vous emportez tous nos regrets, Joseph!... Hélas, Joseph n'emportait pas que des regrets... Il emportait aussi l'argenterie.
Les faisans, qui continuaient de passer, rouges, jaunes, bleus, verts, au-dessus du cirque blanc, brodaient d'éclatantes soies, de décors sveltes et changeants, le lumineux plafond du ciel.
La terreur qu'il répandait était telle, que non seulement les gens du pays ne lui parlaient pas, mais qu'ils évitaient de parler de lui. On disait seulement: «Il a été en justice.»
Ne hais personne, pas même le méchant. Plains-le, car il ne connaîtra jamais la seule jouissance qui console de vivre: faire le bien.
Les bourgeois détestent les ouvriers, les ouvriers détestent les vagabonds, les vagabonds cherchent plus vagabonds qu'eux pour avoir aussi quelqu'un à mépriser, à détester.

Œuvres de Octave Mirbeau

Combats esthétiques (1993)Combats politiques (1990)Dans le ciel (1989)Dingo (1913)Journal d'une femme de chambre (1900)L'Abbé Jules (1888)La 628-E8 (1907)La Grève des électeurs (1902)Le Foyer (1908)Le Jardin des supplices (1899)Les EcrivainsLes Ecrivains (1925)Les Mauvais bergers (1897)Les Vingt et un Jours d'un neurasthénique (1901)Les affaires sont les affairesLes affaires sont les affaires (1903)Lettres de ma chaumière (1885)Sébastien Roch (1890)