Œuvre
Le Jardin des supplices (1899)
Son visage n'était qu'un amas de bourrelets de graisse.
Les faisans, qui continuaient de passer, rouges, jaunes, bleus, verts, au-dessus du cirque blanc, brodaient d'éclatantes soies, de décors sveltes et changeants, le lumineux plafond du ciel.
Prendre quelque chose à quelqu'un, et le garder pour soi, ça c'est du vol... Prendre quelque chose à quelqu'un et le repasser à un autre, en échange d'autant d'argent que l'on peut, ça, c'est du commerce...
Ce n'est pas de mourir qui est triste... c'est de vivre quand on n'est pas heureux...
Tous, en quelque partie de leur individu, ils portent, visibles, les stigmates de cette fatalité physiologique qu'est le meurtre... Ce n'est point une aberration de mon esprit mais je ne puis faire un pas sans coudoyer le meurtre, sans le voir flamber sous les paupières, sans en sentir le mystérieux contact aux mains qui se tendent vers moi...
Les Chinois sont des jardiniers incomparables, bien supérieurs à nos grossiers horticulteurs qui ne pensent qu'à détruire la beauté des plantes par d'irrespectueuses pratiques et de criminelles hybridations.