L'argent ne vaut que par ce qu'on peut acheter.
Tout est cycle, cercle vicieux, éternel retour.
Une chose ne vaut que par la manière dont on la voit, aussi la voit-on à travers la valeur qu'on lui donne.
Et n'est-ce pas dans le langage même que les plus violentes, les plus sanglantes batailles se livrent, entre les forces de Vie et la Mort?
C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.
L'art est un holocauste: où c'est l'humanité entière qu'on voudrait détruire, pour le bien même de l'homme,
Tout écrivain, symboliquement, extermine son lecteur, afin de mieux lui offrir son oeuvre achevée.
Ecrire pour moi, m'enfoncer dans ce qu'on appelle l'imaginaire, n'était-ce pas une façon de renverser un monde renversé, celui de l'enfant confondu à sa génitrice: pour retrouver, par la fiction, le réel?
Infini est le champ du roman. L'ouvre-boîtes, mes coopérants connaissaient. Ils avaient donné! Et ils m'en apprirent de semblables, et avec quels luxes narratifs!
La beauté d'un style, le rythme d'une phrase relèvent autant de la finesse de l'intelligence que de la vivacité des muscles, de la santé des entrailles.
Etrange est l'équilibre qui s'établit entre la page blanche, la machine à écrire, le corps, l'esprit, secrète osmose, jeu de vases communicants, alchimie.
Car n'est-ce pas soi-même qu'on reconstruit dans l'authenticité retrouvée de sa langue: le style?
Qu'il n'est pas de limite, de frontière, de garde-fou qu'on puisse imposer au temps. J'y croquai à pleines dents.
Sang et semence se mêlaient à mon encre. C'est au rythme de mon coeur que battent mes mots.
Œuvres de Morgan Sportès