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Miossec

Je suis plutôt du nord de Paris. Sans être fêtard, je suis surtout très fainéant et mes déplacements sont donc très limités. Je tourne dans un coin qui va de Pigale à la Place de Clichy.
Et puis, comme on sait, c’est toujours mieux de se dire de gauche dans le milieu de la chanson...
J'ai décidé d'accepter que c'était mon job. Pendant longtemps, je me suis caché derrière les excuses, la fausse modestie, c'est infernal de faire ce métier sans aimer s'écouter.
Je fuyais le monde du travail. La vie de salarié, je n'en voulais plus. Je ne voulais surtout pas être raisonnable. Je voyais des enfants sages partout. Si on fait ce métier, c'est pour secouer le bocal.
La crise, on la sent partout où on passe. Les gens ont de plus en plus de mal à venir aux concerts. La musique devient un luxe. Les disques se vendent dans des magasins de fringues, parce que ça fait chic...
Tout recommence - Mais rien ne se répare - Quand les coeurs sont en faïence - C'est foutu, c'est trop tard.
Tu sais c'est con les jeux de balle - Quand on est à trois - Y'en a toujours un qui touche que dalle - Hormis peut-être des bouts de croix.
Une chanson, c’est des petites idées, des petites choses qu’on assemble. C’est pour ça que j’adore Georges Perros. Il ne s’occupait pas de la forme de son écriture. Mais par cela, il ne pouvait faire naître aucune inspiration post-mortem. Quand il est mort, il a laissé quoi ? Des dettes ! Moi, c’est la seule chose que je ne veuille pas qu’il m’arrive de façon posthume. Ce que je veux laisser, c’est des chansons à la SACEM pour le fiston….
J’aime travailler l’écriture. Le fait de bosser de plus en plus pour les autres m’aide beaucoup. C’est un boulot un peu schizo, mais ça me fait avancer. Ça m’oblige à arrêter de tourner en rond autour d’une chanson nombriliste... En ce moment, j’ai l’impression d’entendre beaucoup de chansons françaises nombrilistes, au point d’avoir pris ça en horreur.
J’aime bien quand les choses sont plus animales que cérébrales. Il ne faut pas que ça devient chiant. Si on n’est pas capable de décoincer à la seconde, c’est que ça ne vaut pas le coup.
La mélancolie, c'est communiste - Tout le monde y a droit de temps en temps - La mélancolie n'est pas capitaliste - C'est même gratuit pour les perdants.
Le danger, en tant qu'artiste solo, c'est de finir en chanteur tabouret, de capitaliser sur un ancien succès, de profiter de la fidélité du public français. Heureusement, il y a des exemples pour vieillir, des gens comme Bashung.

Œuvres de Miossec

Chanson La Mélancolie (2006)Chanson Recouvrance (1995)Chanson Évoluer En 3ème Division (1995)Interview Les Inrocks Octobre 2001Interview Télérama, Laurent Rigoulet, février 2015Miossec, l'interview intégrale , Sud Ouest, 15 septembre 2011« Pourquoi j’ai décidé de m’engager… » dans Le Télégramme du 15 février 2008