... la beauté est l'étincelle qui jaillit quand, soudainement, à travers la distance des années, deux âges différents se rencontrent. ... la beauté est l'abolition de la chronologie et la révolte contre le temps.
Toute mystique est outrance.
Concevoir le diable comme un partisan du Mal et l'ange comme un combattant du Bien, c'est accepter la démagogie des anges.
Danser dans une ronde est magique; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire.
Elle l'aimait trop pour pouvoir admettre que ce qu'elle qualifiait d'inoubliable pût être oublié.
C'est dans les dossiers des archives de la police que se trouve notre seule immortalité.
... maintenant qu'il était mort, son mari n'avait plus qu'elle, plus qu'elle au monde!
... le roman est le fruit d'une illusion humaine. L'illusion de pouvoir comprendre autrui.
Depuis James Joyce, ... nous savons que la plus grande aventure de notre vie est l'absence d'aventures.
Nous écrivons des livres parce que nos enfants se désintéressent de nous. Nous nous adressons au monde anonyme parce que notre femme se bouche les oreilles quand nous lui parlons.
L'homme, du fait qu'il écrit des livres, se change en univers ... et le propre d'un univers c'est justement d'être unique. L'existence d'un autre univers le menace dans son essence même.
Celui qui écrit des livres est tout (un univers unique pour lui-même et pour tous les autres) ou rien. Et parce qu'il ne sera jamais donné à quelqu'un d'être tout, nous tous qui écrivons des livres, nous ne sommes rien.
... il est des regards à la tentation desquels personne ne résiste: par exemple le regard sur un accident de la circulation ou sur une lettre d'amour qui appartient à l'autre.
... la mémoire du dégoût est plus grande que la mémoire de la tendresse!
Celui qui est absolument aimé ne peut être misérable.
Le misogyne ne méprise pas les femmes. Le misogyne n'aime pas la féminité. ... Chez la femme, l'adorateur vénère la féminité, alors que le misogyne donne toujours la préférence à la femme sur la féminité.
Se confier! c'est le réflexe de tous les adorateurs!
... il y a des mots qui ne sont pas comme les autres, des mots qui possèdent une valeur particulière connue des seuls initiés.
... comprendre c'est se confondre et d'identifier.
L'amour ne peut pas être risible. L'amour n'a rien de commun avec le rire.
... la mort et l'immortalité formant un couple d'amants inséparables, celui dont le visage se confond avec le visage des morts est immortel de son vivant.
... tout un chacun ... trouve agaçant qu'on raconte sa vie selon une autre interprétation que la sienne propre.
L'homme peut mettre fin à sa vie. Mais il ne peut mettre fin à son immortalité.
Beaucoup de gens, peu d'idées, et comment faire pour nous différencier les uns des autres?
Le pouvoir du journaliste ne se fonde pas sur le droit de poser une question, mais sur le droit d'exiger une réponse.
Œuvres de Milan Kundera
ApocrypheJacques et son maîtreJacques et son maître, Introduction à une variationL'Ignorance (2003)L'art du romanL'identitéL'identité (1997)L'immortalitéL'immortalité (1990)L'insoutenable légèreté de l'être (1984)L'insoutenable légèreté de l'être (1984), VII, 2La Plaisanterie (1975)La Vie est ailleurs (1973)La lenteurLa lenteur (1995)La valse aux adieuxLa valse aux adieux (1976)La vie est ailleursLe Livre du rire et de l'oubli (1979)Le Rideau (2005)