Dans le monde moderne abandonné par la philosophie, fractionné par des centaines de spécialisations scientifiques, le roman nous reste comme le dernier observatoire d'où l'on puisse embrasser la vie humaine comme un tout.
La vie est courte, la lecture est longue et la littérature est en train de se suicider par une prolifération insensée.
Tandis que la réalité n'a aucune honte à se répéter, la pensée, face à la répétition de la réalité, finit toujours par se taire.
Dans nos vies où tout est planifié, déterminé, le seul inattendu possible est une erreur de la machine administrative avec ses conséquences imprévisibles. L'erreur bureaucratique devient la seule poésie (poésie noire) de notre époque.
Les jeunes imitent les jeunes; les vieux n'imitent pas les vieux.
On pense prolonger la vie d'un grand roman par une adaptation et on ne fait que construire un mausolée où seule une petite inscription sur le marbre rappelle le nom de celui qui ne s'y trouve pas.
L'histoire de l'art est périssable. Le babillage de l'art est éternel.