Dans le monde moderne abandonné par la philosophie, fractionné par des centaines de spécialisations scientifiques, le roman nous reste comme le dernier observatoire d'où l'on puisse embrasser la vie humaine comme un tout.

À lire aussi de Milan Kundera

Ne serait-ce qu'une ridicule illusion, on est persuadé d'écrire parce qu'on a à dire ce que personne n'a dit.
Les jeunes imitent les jeunes; les vieux n'imitent pas les vieux.
Voilà la vraie et seule raison d'être de l'amitié: procurer un miroir dans lequel l'autre peut contempler son image d'autrefois qui, sans l'éternel bla-bla de souvenirs entre copains, se serait effacée depuis longtemps.
Séduire une femme, c'est à la portée du premier imbécile. Mais il faut aussi savoir rompre; c'est à cela qu'on reconnaît un homme mûr.
L'homme est en droit de vouloir n'importe quoi d'une femme, mais, s'il ne veut pas se comporter en brute, il doit faire en sorte qu'elle puisse agir en harmonie avec ses illusions les plus profondes.
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Dans la même œuvre

La vie est courte, la lecture est longue et la littérature est en train de se suicider par une prolifération insensée.
Tandis que la réalité n'a aucune honte à se répéter, la pensée, face à la répétition de la réalité, finit toujours par se taire.
Dans nos vies où tout est planifié, déterminé, le seul inattendu possible est une erreur de la machine administrative avec ses conséquences imprévisibles. L'erreur bureaucratique devient la seule poésie (poésie noire) de notre époque.
Les jeunes imitent les jeunes; les vieux n'imitent pas les vieux.
On pense prolonger la vie d'un grand roman par une adaptation et on ne fait que construire un mausolée où seule une petite inscription sur le marbre rappelle le nom de celui qui ne s'y trouve pas.