Il est aisé à voir que ce qui aiguise en nous la douleur et la volupté, c'est la pointe de notre esprit.
Auteur
Michel de Montaigne
538 citations · citations de Michel de Montaigne sur Dicocitations ↗
· biographie ↗
Comme le corps est plus ferme à la charge en le raidissant, aussi est l'âme.
L'opinion est une puissante partie, hardie et sans mesure.
L'achat donne titre au diamant, et la difficulté à la vertu, et la douleur à la dévotion, et l'âpreté à la médecine.
De vrai, ce n'est pas la disette, c'est plutôt l'abondance qui produit l'avarice.
Il n'est rien que je haïsse comme à marchander. C'est un pur commerce de trichoterie et d'impudence: après une heure de barguignage, l'un et l'autre abandonne sa parole et ses serments pour cinq sous d'amendement.
Tout compté, il y a plus de peine à garder l'argent qu'à l'acquérir.
Tout homme pécunieux est avaricieux à mon gré.
Je vis du jour à la journée, et me contente d'avoir de quoi suffire aux besoins présents et ordinaires; aux extraordinaires toutes les provisions du monde n'y sauraient suffire.
... l'avarice ... cette maladie si commune aux vieux et la plus ridicule de toutes les humaines folies.
... s'il est mauvais de vivre en nécessité, au moins de vivre en nécessité, il n'est aucune nécessité.
Nul n'est mal longtemps qu'à sa faute.
Qui n'a le coeur de souffrir ni la mort ni la vie, qui ne veut ni résister ni fuir, que lui ferait-on?
La vaillance a ses limites, comme les autres vertus, lesquelles franchies, on se trouve dans le train du vice.
A la vérité, c'est raison qu'on fasse grande différence entre les fautes qui viennent de notre faiblesse, et celles qui viennent de notre malice.
J'observe en mes voyages cette pratique, pour apprendre toujours quelque chose par la communication d'autrui (qui est une des plus belles écoles qui puisse être), de ramener toujours ceux avec qui je confère, aux propos des choses qu'ils savent le mieux.
Au jugement de la vie d'autrui, je regarde toujours comment s'en est porté le bout; et des principaux études de la mienne, c'est qu'il se porte bien, c'est-à-dire quiètement et sourdement.
Cicéron dit que philosopher ce n'est autre chose que s'apprêter à la mort.
Toutes les opinions du monde en sont là, que le plaisir est notre but, quoiqu'elles en prennent divers moyens; autrement, on les chasserait d'arrivée, car qui écouterait celui qui pour sa fin établirait notre peine et mésaise?
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout.
Ce que j'ai affaire avant mourir, pour l'achever tout loisir me semble court, fût-ce d'une heure.
Qui apprendrait les hommes à mourir, leur apprendrait à vivre.
Comme notre naissance nous apporta la naissance de toutes choses, aussi fera la mort de toutes choses, notre mort.
Le longtemps vivre et le peu de temps vivre est rendu tout un par la mort. Car le long et le court n'est point aux choses qui ne sont plus.
Votre mort est une des pièces de l'ordre de l'univers; c'est une pièce de la vie du monde.
Œuvres de Michel de Montaigne
Apologie de Raymond Sebond (1937)De l'expérienceEssaisEssais (1580)Essais (1588), III, 13Essais, Au lecteurEssais, IEssais, I, 1Essais, I, 10Essais, I, 12Essais, I, 13Essais, I, 14Essais, I, 15Essais, I, 16Essais, I, 17Essais, I, 19Essais, I, 2Essais, I, 20Essais, I, 20, Que Philosopher c'est apprendre à mourirEssais, I, 21