Toute opinion est assez forte pour se faire épouser au prix de sa vie.
La confiance en la bonté d'autrui est un non léger témoignage de la bonté propre.
Les hommes (dit une sentence grecque ancienne) sont tourmentés par les opinions qu'ils ont des choses, non par les choses mêmes.
... la coutume et la longueur du temps (sont) bien plus fortes conseillères que toute autre contrainte.
Et à la vérité ce que nous disons craindre principalement en la mort, c'est la douleur, son avant-coureuse coutumière.
Et je trouve par expérience que c'est plutôt l'impatience de l'imagination de la mort qui nous rend impatients de la douleur, et que nous la sentons doublement griève de ce qu'elle nous menace de mourir.
Il est aisé à voir que ce qui aiguise en nous la douleur et la volupté, c'est la pointe de notre esprit.
Comme le corps est plus ferme à la charge en le raidissant, aussi est l'âme.
L'opinion est une puissante partie, hardie et sans mesure.
L'achat donne titre au diamant, et la difficulté à la vertu, et la douleur à la dévotion, et l'âpreté à la médecine.
De vrai, ce n'est pas la disette, c'est plutôt l'abondance qui produit l'avarice.
Il n'est rien que je haïsse comme à marchander. C'est un pur commerce de trichoterie et d'impudence: après une heure de barguignage, l'un et l'autre abandonne sa parole et ses serments pour cinq sous d'amendement.
Tout compté, il y a plus de peine à garder l'argent qu'à l'acquérir.
Tout homme pécunieux est avaricieux à mon gré.
Je vis du jour à la journée, et me contente d'avoir de quoi suffire aux besoins présents et ordinaires; aux extraordinaires toutes les provisions du monde n'y sauraient suffire.
... l'avarice ... cette maladie si commune aux vieux et la plus ridicule de toutes les humaines folies.
... s'il est mauvais de vivre en nécessité, au moins de vivre en nécessité, il n'est aucune nécessité.
Nul n'est mal longtemps qu'à sa faute.
Qui n'a le coeur de souffrir ni la mort ni la vie, qui ne veut ni résister ni fuir, que lui ferait-on?
La fortune ne nous fait ny bien ny mal: elle nous en offre seulement la matiere et la semence, laquelle nostre ame, plus puissante qu'elle, tourne et applique comme il luy plait, seule cause et maistresse de sa condition heureuse ou malheureuse.
Il n'est rien que je haïsse comme à marchander. C'est un pur commerce de trichoterie et d'impudence; après une heure de débat et de barguignage, l'un et l'autre abandonne sa parole et ses serments pour cinq sous d'amendement.
Je vis du jour à la journée, et me contente d'avoir de quoi suffire aux besoins présents et ordinaires; aux extraordinaires, toutes les provisions du monde n'y sauraient baster.
La vaillance a ses limites, comme les autres vertus : lesquels franchis, on se trouve dans le train du vice.