La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir.
Pourquoi crains-tu ton dernier jour? Il ne confère non plus à ta mort que chacun des autres.
Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive.
(La mort) ne vous concerne ni mort ni vif: vif, parce que vous êtes; mort, parce que vous n'êtes plus.
En quelque manière qu'on se puisse mettre à l'abri des coups, fût-ce sous la peau d'un veau, je ne suis pas homme qui y reculasse.
Cicéron dit que philosopher ce n'est autre chose que s'apprêter à la mort.
Toutes les opinions du monde en sont là, que le plaisir est notre but, quoiqu'elles en prennent divers moyens; autrement, on les chasserait d'arrivée, car qui écouterait celui qui pour sa fin établirait notre peine et mésaise?
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout.
Ce que j'ai affaire avant mourir, pour l'achever tout loisir me semble court, fût-ce d'une heure.
Qui apprendrait les hommes à mourir, leur apprendrait à vivre.
Comme notre naissance nous apporta la naissance de toutes choses, aussi fera la mort de toutes choses, notre mort.
Le longtemps vivre et le peu de temps vivre est rendu tout un par la mort. Car le long et le court n'est point aux choses qui ne sont plus.
Votre mort est une des pièces de l'ordre de l'univers; c'est une pièce de la vie du monde.
Le premier jour de votre naissance vous achemine à mourir comme à vivre.
Si vous avez fait votre profit de la vie, vous en êtes repu, allez-vous-en satisfait.
La vie n'est de soy ny bien ny mal: c'est la place du bien et du mal selon que vous la leur faictes.
Ni les hommes, ni leurs vies ne se mesurent à l'aune.
A chaque minute il me semble que je m'eschape. Et me rechante sans cesse: «Tout ce qui peut estre faict un autre jour, le peut estre aujourd'huy.»
Le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte.