Auteur

Maurice Barrès

C'est une fourmillière heureuse, une famille dont tous les membres se congratulent, une espèce de victoire, une première revanche.
Sa voix, son regard, tout son corps, étaient plus frémissants que les flammes irrésistibles qui commençaient d'embraser de toutes parts la ville prise.
Un fumet barbare s'exhalait de la scène. Et, beauté profonde, son caractère lui venait, non pas du décor, mais des âmes.
Nos coeurs gonflés de bonheur veulent conserver cette joie, en jouir longtemps.
Ils ne connaissent que la guerre entre les classes et cette guerre ne connaît pas de frontière. Ils ne travaillent pas pour la paix, mais pour établir la guerre entre les étages. Ils s'en prennent à tous les gouvernements bourgeois de tout l'univers.
Un sourire d'extrême bienveillance ne quitte pas ses lèvres, le sourire des images de piété, celui que les petits livres d'hagiographie prêtent aux saints personnages de jadis.
En dépit de tous les plans que nous concertons, les harmonies de la nature se font selon un mécanisme et une logique où nous ne pouvons influer.
L'horizon qui cerne cette plaine, c'est l'horizon qui cerne toute vie. Il donne une place d'honneur à notre soif d'infini en même temps qu'il nous rappelle nos limites.
Au pays de la Moselle, je me connais comme un geste du terroir, comme un instant de son éternité, comme l'un des écrets que notre race, à chaque saison laisse émerger en fleur et si j'éprouve assez d'amour, c'est moi qui deviendrai son coeur.
Le sens de l'ironie est une forte garantie de liberté.
Le parlementarisme, c'est une majorité décidée à suivre le gouvernement, lui laissant l'étude et le choix des résolutions, et combattant derrière lui selon la tactique qu'il a arrêtée.
La Suisse, si ridicule avec ses rodomontades de montagnes, de précipices, de glaciers, de sapins, de nuages, d'avalanches et tout son matériel qui nous encombre sans nous toucher.
Amusons-nous aux moyens sans souci du but. Faisons des rêves chaque matin, et avec une extrême énergie, mais sachons qu'ils n'aboutiront pas. Soyons ardents et sceptiques.
Nous sommes étonnés, quand nous lisons les vieux chefs-d'oeuvre, de voir que des sentiments subtils, délicats, poétiques, que nous croyons rares aujourd'hui, existaient chez les hommes d'il y a des siècles.
La caresse d'une mère, une belle promenade, des heures émerveillées par des récits heureux agissent sur toute l'existence.
N'est-ce point un sentiment de fétichisme qui détermine le pèlerinage des hommes vers la Tour Eiffel, symbole de l'Industrie?
Il y a, plus loin que la satisfaction matérielle, le plaisir de partager de la mélancolie. Au-delà d'une amanate avec laquelle on jouit de la vie, il y a une soeur avec qui l'on pleure.
Ah!... des demi-bienfaiteurs sont aisément des malfaiteurs! J'entrevois qu'ils imposeront au monde une règle morale, comme ils lui proposent une règle économique.
Une nation, c'est la possession en commun d'un antique cimetière et la volonté de faire valoir cet héritage indivis.
Honneur à ceux qui demeurent dans la tombe les gardiens et les régulateurs de la cité.
Au pays de la Moselle, je me connais comme un geste du terroir, comme un instant de son éternité, comme l'un des décrets que notre race, à chaque saison laisse émerger en fleur et si j'éprouve assez d'amour, c'est moi qui deviendrai son coeur.
Hélas ! Il n'y a point de race française, mais un peuple français, une nation française.
Mouchefrin ne put payer son deuxième terme rue Racine ; il déménagea à la cloche de bois, c'est-à-dire par escroquerie.
Je ne suis pas femme à me disputer étape par étape. Si tu l'exiges, je me suis promise, mais ce serait plus joli d'en rester là.

Œuvres de Maurice Barrès

Du sang, de la volupté, de la mort: Un amateur d'âmes (1894)L'Ennemi des lois (1892)La Colline inspirée (1913)La Grande Pitié des églises de France (1914)Le Culte du Moi, Le Jardin de Bérénice (1891)Le Culte du Moi, Sous l'oeil des Barbares (1888)Le Culte du Moi, Un homme libre (1889)Le Mystère en pleine lumière (1926)Le Roman de l'énergie nationale, Les Déracinés (1897)Le Roman de l'énergie nationale, Leurs figures (1902)Le Voyage de Sparte (1906)Les Amitiés françaises (1903)Mes Cahiers (1911)Mes Cahiers (1911), 1904Mes Cahiers (1911), 1906Mes Cahiers, XI, 1918Scènes et doctrines du nationalisme (1902)Stanislas de GuaitaUn jardin sur l'Oronte (1922)