Je cherche à obtenir de m'engager tout de suite ou mieux, à aller, comme correspondant de guerre, par exemple, sur un point un peu dangereux.
La veillée autour du feu de la cuisine. Tout en écossant les légumes pour l'hiver, on causait des menus événements du jour, et Bibi Cholion faisait des plaisanteries dont les soeurs s'amusaient. C'était le couarail ordinaire des villages lorrains.
On assistait là à une de ces séances plaisantes, comme on en voit aux veillées lorraines, où les filles et les garçons échangent des facéties et des bouts rimés. C'était une véritable séance de daïe, où François daïait la religieuse.
Le bleu profond du zénith se dégrade en rose jusqu'à l'or de l'horizon.
Retenons seulement que cette indécence, réelle ou imaginaire, est une trace du passage de Vintras et de son action délétère sur la paix publique.
Léopold a trouvé le bonheur, son bonheur. Ce n'est plus de construire des châteaux, c'est de délivrer le chant qui sommeille dans son coeur.
Ce sont de ces heures divines qui demeurent au fond de notre mémoire comme un trésor pour nous enchanter.
Elle dénouait le beau torrent de ses cheveux, au soir, dans sa chambre solitaire.
La Révolution est l'histoire de dépossession d'une classe par une autre.
Ici je goûte le plaisir de me désapproprier ... . Je ne dis pas que je m'ôte la possession de moi-même pour la donner à mon parti, mais j'y tends.
Ce n'était pas sur les Boches qu'il fallait tirer, mais sur les généraux et tous les officiers. Il fallait descendre tous ceux qui seraient assez lâches pour marcher au front.
Ces milliers d'arbres vigoureux qui dessinent une magnificence abondante et légère comme un tissu brodé de l'Inde.
Les roses dormaient sur les rosiers, près des roses, les rossignols, et dans les kiosques veillaient les sultanes.
Un pas qui ne fait qu'effleurer la terre.
Rien n'égale la douceur et la majesté nue de ses cloîtres.
Telle était la fatigue de son long voyage qu'il s'endormit, malgré le trouble extrême de sa pensée, de ce sommeil obscur de la bête recrue, où il n'y a plus place même pour le rêve.
Sous cette meurtrière ironie, la petite maison de Marie-Anne Sellier restait les volets clos, émouvante de silence et de tristesse.
Il eût voulu que l'ombre dans la pièce fût encore plus épaisse pour mieux cacher le sentiment âpre et tragique dont l'emplissait cette scène.
Je veux avoir un Dieu, un en-cas sous la main. Pour moi? Peut-être pas, mais pour mon fils ou mes petites-filles.
Il était jeune, enivré par ses succès, amoureux tout frais de sa cause.
Il s'entêtait à nourrir des rancunes et des chimères politiques qui le faisaient peu sociable et pareil à un éxilé.
Ce fut comme si l'on étalait à nu devant le jeune homme les secrets de son propre coeur.
Il brûlait de lui extraire ses secrets et ne redoutait rien qu'un refus d'audience.
Et c'est la mystique. Je suis invinciblement porté à dire: «il y a quelqu'un ou quelque chose, et quelque chose d'extrasensible».
La colère ardente des déshérités contre les favorisés.
Œuvres de Maurice Barrès
Du sang, de la volupté, de la mort: Un amateur d'âmes (1894)L'Ennemi des lois (1892)La Colline inspirée (1913)La Grande Pitié des églises de France (1914)Le Culte du Moi, Le Jardin de Bérénice (1891)Le Culte du Moi, Sous l'oeil des Barbares (1888)Le Culte du Moi, Un homme libre (1889)Le Mystère en pleine lumière (1926)Le Roman de l'énergie nationale, Les Déracinés (1897)Le Roman de l'énergie nationale, Leurs figures (1902)Le Voyage de Sparte (1906)Les Amitiés françaises (1903)Mes Cahiers (1911)Mes Cahiers (1911), 1904Mes Cahiers (1911), 1906Mes Cahiers, XI, 1918Scènes et doctrines du nationalisme (1902)Stanislas de GuaitaUn jardin sur l'Oronte (1922)