Auteur

Marie Laberge

Tout ce que j'ai appris à être, je ne le suis plus quand j'écris.
Il faut être ce qu'on est, profondément vrai. Si on n'est pas vrai, ça ne sert à rien d'essayer ... C'est toute la différence entre une lettre d'amour qu'on a recopiée et quelque chose qu'on dit de son soi-même et de son coeur.
Je ne suis même pas capable de mettre un chiffre sur l'âge que j'avais quand j'ai compris que les choses fuyaient, que les choses se terminaient, que la vie était quelque chose qui ne durerait pas, et que l'instant présent était souverain.
Je suis comme un arbre marqué: il y a une entaille pour chaque mort.
J'ai toujours su que ma vie avait un maître et c'était de la vivre.
Il faut avoir de la substance. Quand on n'a pas de substance, on vieillit très mal parce que tout l'accessoire nous lâche.
Entre «je t'aime» et «je ne t'aime pas», il n'y a qu'une négation.
Il y a des gens tellement dignes d'amour qui sont tellement seuls. Il y a des gens tellement insupportables qui sont adorés!
L'amour est comme un cancer, un chancre, une masse sournoise qui se nourrit d'elle-même, grossit, grandit, et finit par nous dévorer. On meurt et on se demande si finalement, on n'aurait pas mieux fait d'haïr seulement ou de rester indifférent.
La vie, de toute façon, la vie, cette fragile construction, n'en ferait qu'à sa tête et le laisserait tomber un jour, lâchement. Il le savait et il n'en éprouvait aucun regret, non, aucun regret, mais un profond désespoir.

Œuvres de Marie Laberge

Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne).Quelques adieux (1992)