Auteur

Marguerite Yourcenar

L'amitié, c'est le respect, l'acceptation totale d'un autre être.
C'est au moment où l'on rejette tous les principes qu'il convient de se munir de scrupules.
L'âme ne me paraît souvent qu'une simple respiration du corps.
Bien plutôt qu'anthropomorphiser l'animal, l'homme a choisi le plus souvent de se sacraliser en s'animalisant.
Je ne regrette pas d'avoir été refaite par les mains du Seigneur. - Il ne m'a sauvée ni de la mort, ni des maux, ni du crime, car c'est par eux qu'on se sauve. Il m'a sauvée du bonheur.
L'emploi qu'un homme finit par obtenir est rarement celui pour lequel il se croyait préparé et dans lequel il pensait pouvoir être utile.
Il y a cette immense liberté de l'animal, enfermé certes dans les limites de son espèce, mais vivant sans plus sa réalité d'être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d'exister.
Plaise à Celui qui est peut-être de dilater le coeur de l'homme à la mesure de toute la vie.
Tout part de l'homme. C'est toujours un homme seul qui fait tout, qui commence tout.
La mort lui apparaissait comme un sacre dont seuls les plus purs sont dignes: beaucoup d'hommes se défont, peu d'hommes meurent.
Je crois qu'il faut presque toujours un coup de folie pour bâtir un destin.
Ce qui rend la pauvreté si dure, ce ne sont pas les privations, c'est la promiscuité.
La dame a des bontés pour Michel mais je ne sais quoi de dur et de tendu inquiète le jeune homme chez cette demi-maîtresse.
Ce petit rire étouffé qui est, non moins que le soupir, un des bruits de l'amour.
Il y a un apaisement au fond de toute grande impuissance.
L'amour est un châtiment. Nous sommes punis de n'avoir pas pu rester seuls.
Pour accommoder la foule des voyageurs, des convois partent maintenant toutes les dix minutes.
On fête les accordailles de la jeune Louise avec son cousin.
... les armoires pleines de défroques que des paysannes à court d'argent avaient laissées en gage à l'accoucheuse.
Si je haussais les épaules en déclarant qu'aucun de ces jeux physiques ne tirait à conséquence, j'infligeais à son amour-propre la blessure la plus acérée, sous prétexte de calmer ses remords.
Les revenus de Noémi achemine trimestriellement vers son fils, accompagnés d'une lettre acrimonieuse.
Michel-Charles, bon père de famille, se consacre exclusivement à sa femme et à ses enfants. Dont acte, avec les quelques restrictions qui conviennent toujours.
On connaît très mal un écrivain par un seul de ses livres: les harmoniques de l'oeuvre nous échappent.
Ce Bruxelles affairiste et mondain où la passion d'acquérir et le snobisme du nom et du titre sévissent nulle part ailleurs.
C'était un trait de cette nature altière: elle ne reprenait pas l'aumône refusée par un pauvre.

Œuvres de Marguerite Yourcenar

Alexis ou le Traité du vain combat (1929)Alexis ou le Traité du vain combat (1929), PréfaceAnna, soror (1981)Archives du Nord (1977)Dans Le Journal du dimanche, 2 décembre 1984.Denier du rêveElectre ou la Chute des masques (1954), Avant-ProposElectre ou la Chute des masques (1954), I, 2, PyladeElectre ou la Chute des masques (1954), I, 4, ElectreElectre ou la Chute des masques (1954), II, 1, ClytemnestreElectre ou la Chute des masques (1954), II, 4, PyladeElectre ou la Chute des masques, II, 4, Pylade à OresteEn pèlerin et en étranger (1989)Feux (1936)L'Oeuvre au noir (1968)Le Coup de grâce (1939)Le Labyrinthe du monde, I - Souvenirs pieux (1974)Le Labyrinthe du monde, II - Archives du Nord (1977)Le Labyrinthe du monde, III - Quoi ? L'Eternité (1988)Le Temps, ce grand sculpteur (1983)