Quand tous les calculs compliqués s'avèrent faux, quand les philosophes eux-mêmes n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres.
Auteur
Marguerite Yourcenar
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Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'oeil intelligent sur soi-même: mes premières patries ont été les livres.
... tout ce que les hommes ont dit de mieux a été dit en grec.
Notre grande erreur est d'essayer d'obtenir de chacun en particulier les vertus qu'il n'a pas, et de négliger de cultiver celles qu'il possède.
... la plus haute forme de vertu, la seule que je supporte encore: la ferme détermination d'être utile.
... peu d'hommes se réalisent avant de mourir.
... les Grecs et les Juifs, incompatibles éternels.
... c'est insulter les autres que de paraître dédaigner leurs joies.
La morale est une convention privée; la décence est affaire publique; toute licence trop visible m'a toujours fait l'effet d'un étalage de mauvais aloi.
Un triomphe ne sied guère qu'aux morts. Vivant, il se trouve toujours quelqu'un pour nous reprocher nos faiblesses ... .
Je vois une objection à tout effort pour améliorer la condition humaine: c'est que les hommes en sont peut-être indignes.
Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l'esclavage: on en changera tout au plus le nom.
Construire, c'est collaborer avec la terre: c'est mettre une marque humaine sur un paysage qui en sera modifié à jamais.
... qu'est la volupté elle même, sinon un moment d'attention passionnée du corps?
... toute tolérance accordée aux fanatiques leur fait croire immédiatement à de la sympathie pour leur cause.
... dans tout combat entre le fanatisme et le sens commun, ce dernier a rarement le dessus.
On n'a rien compris à la maladie, tant qu'on n'a pas reconnu son étrange ressemblance avec la guerre et l'amour: ses compromis, ses feintes, ses exigences, ce bizarre et unique amalgame produit par le mélange d'un tempérament et d'un mal.
La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef.
... la possibilité de jeter le masque en toutes choses est l'un des rares avantages que je trouve à vieillir.
Rien de plus sale que l'amour-propre.
Je ne me querelle plus avec les médecins; leurs sots remèdes m'ont tué; mais leur présomption, leur pédantisme hypocrite est notre oeuvre: ils mentiraient moins si nous n'avions pas si peur de souffrir.
Le bonheur, n'est peut-être qu'un malheur mieux supporté.
Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c'est le présent tel qu'il a survécu dans la mémoire humaine.
Je ne me tuerai pas, - On oublie si vite les morts.
Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus mais être heureux pour ce qui a été.
Œuvres de Marguerite Yourcenar
Alexis ou le Traité du vain combat (1929)Alexis ou le Traité du vain combat (1929), PréfaceAnna, soror (1981)Archives du Nord (1977)Dans Le Journal du dimanche, 2 décembre 1984.Denier du rêveElectre ou la Chute des masques (1954), Avant-ProposElectre ou la Chute des masques (1954), I, 2, PyladeElectre ou la Chute des masques (1954), I, 4, ElectreElectre ou la Chute des masques (1954), II, 1, ClytemnestreElectre ou la Chute des masques (1954), II, 4, PyladeElectre ou la Chute des masques, II, 4, Pylade à OresteEn pèlerin et en étranger (1989)Feux (1936)L'Oeuvre au noir (1968)Le Coup de grâce (1939)Le Labyrinthe du monde, I - Souvenirs pieux (1974)Le Labyrinthe du monde, II - Archives du Nord (1977)Le Labyrinthe du monde, III - Quoi ? L'Eternité (1988)Le Temps, ce grand sculpteur (1983)