Auteur

Marcel Proust

Son grand âge avait affaibli la sonorité de sa voix.
On dit qu'en vieillissant nos sensations s'affaiblissent. Peut-être, mais elles s'accompagnent de l'écho de sensations plus anciennes ...
Quand je pensais à elle, aucun souvenir vif ne revenant affleurer à mon attention, j'avais seulement devant les yeux les lettres de son nom.
Une minute affranchie de l'ordre du temps a recréé en nous pour la sentir l'homme affranchi de l'ordre du temps.
Il en est de la vieillesse comme de la mort; quelques-uns les affrontent avec indifférence, non pas parce qu'ils ont plus de courage que les autres, mais parce qu'ils ont moins d'imagination.
Ce sont de véritables agapes auxquelles vous nous avez conviés là.
Agir est autre chose que parler, même avec éloquence, et que penser, même avec ingéniosité.
La forme évoquée et la présence réelle et tutélaire aideront l'artiste intimidé à franchir sans agoraphobie l'espace creusé d'abîmes qui va de l'antichambre au petit salon.
Oriane n'est pas un aigle, mais elle n'est tout de même pas stupide.
Le printemps de Combray qui piquait encore aigrement avec toutes les aiguilles du givre.
Et une sorte d'aimantation attire et retient si inséparablement les uns auprès des autres certains caractères de physionomie et de mentalité ...
Alors j'ai tort d'essayer d'aimer Racine? ... on a toujours tort d'essayer d'aimer; on aime ou on n'aime pas.
Ce n'est pas encore ce style uni de porphyre sans un interstice, sans un ajoutage.
C'est un esprit des plus confus, alambiqué, ce que nos pères appelaient un diseur de phébus.
Ma mère réprima un frémissement, car d'une sensibilité plus prompte que mon père, elle s'alarmait pour lui de ce qui ne devait le contrarier qu'un instant après.
Moi, Madame, je ne me crois pas comme vous albuminurique, je n'ai pas la peur nerveuse de la nourriture, du grand air.
Surtout remarquable comme aliéniste et pour ses études sur le cerveau, il avait voulu se rendre compte par ses questions si la mémoire de ma grand'mère était bien intacte.
Son esprit fatigué réclamait une nouvelle alimentation.
A la façon des chefs d'Etat dans leurs allocutions il pensait que ses moindres paroles étaient attendues, écoutées, commentées.
La langue parlée, comme la langue écrite, éprouve de temps en temps le besoin de ces altérations de sens des mots, de ces raffinements d'expression.
Leurs figures s'étaient rapidement altérées comme si un même mal les avait pris.
L'amabilité d'un être que nous n'aimons plus et qui semble encore excessive à notre indifférence, eût peut-être été bien loin de suffire à notre amour.
M. Duroc salua les deux jeunes gens avec l'amabilité heureuse qui implique le sentiment de sa propre supériorité.
Mais cette absence d'espérance précise dans la personne retournait ses pensées sur la satisfaction qu'il y a à aimer: il jouissait plus de son amour que de son amante.
Ce langage qui était un ambigu précieux des choses de l'art et du monde.

Œuvres de Marcel Proust

A la recherche du temps perduA la recherche du temps perdu (1918)A la recherche du temps perdu (1918), A l'ombre des jeunes filles en fleursA la recherche du temps perdu (1918), Du côté de chez SwannA la recherche du temps perdu (1918), la FugitiveA la recherche du temps perdu (1918), la PrisonnièreA la recherche du temps perdu (1918), le Côté de GuermantesA la recherche du temps perdu (1918), le Temps retrouvéA la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919)A la recherche du temps perdu, A l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919), IA la recherche du temps perdu, Albertine disparue (1925)A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann (1913)A la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann (1913), I, 2A la recherche du temps perdu, La Prisonnière (1923)A la recherche du temps perdu, Le Côté de Guermantes (1921-1922)A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé (1927)A la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé (1927), II, 3Albertine disparue (1925)Albertine disparue (1925), IVChroniques