Auteur

Louis de Bonald

Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n'est pas de faire son devoir, mais de le connaître.
Des sottises faites par des gens habiles; des extravagances dites par des gens d'esprit; des crimes commis par d'honnêtes gens... voilà les révolutions.
L'irreligion sied mal aux femmes; il y a trop d'orgueil pour leur faiblesse.
La littérature est l'expression de la société, comme la parole est l'expression de l'homme.
La parole est dans le commerce des pensées ce que l'argent est dans le commerce des marchandises, expression réelle des valeurs, parce qu'elle est valeur elle-même.
Les hommes qui, par leurs sentiments, appartiennent au passé et, par leurs pensées à l'avenir, trouvent difficilement place dans le présent.
Il y a des lumières que l'on éteint en les plaçant sur le chandelier.
Les institutions les plus charitables ont été établies par des hommes austères, et détruites par des philanthropes.
On a sans doute de bonnes raisons pour ne pas croire en Dieu; mais il en faut de meilleures pour le dire.
Un déiste est un homme qui, dans sa courte existence, n'a pas eu le temps de devenir athée.
Partout où il y a beaucoup de machines pour remplacer les hommes, il y aura beaucoup d'hommes qui ne seront que des machines. L'effet des machines, en épargnant les hommes, doit être à la longue de diminuer la population.
Définition de l'homme: Une intelligence servie par des organes.
C'est un grand danger pour la société, lorsque les méchants n'ont plus la ressource d'être hypocrites.
Ce ne sont pas les devoirs qui ôtent à un homme son indépendance, ce sont les engagements.
La liberté absolue de la presse est un impôt sur ceux qui lisent: aussi n'est-il demandé en général que par ceux qui écrivent.
Celui qui n'aurait pas à combattre contre ses penchants serait innocent plutôt que vertueux.
Les orgueils blessés sont plus dangereux que les intérêts lésés, et surtout plus incommodes, car on ne peut les mettre ni à la demi-solde ni à la retraite.
L'orgueil est une folie de l'esprit, et je crois qu'il peut être une cause de démence physique. Ce qui semble le prouver est que les fous rêvent presque toujours le pouvoir, et s'imaginent tous être de grands personnages, même rois ou papes.
Rapprocher les hommes n'est pas le plus sûr moyen de les réunir.
Les grandes propriétés sont les véritables greniers d'abondance des nations civilisées, comme les grandes richesses des corps en sont le trésor.
L'art de l'intrigue suppose de l'esprit et exclut le talent.
Les princes ont un singulier penchant à accorder à ceux qui demandent, à employer ceux qui se présentent, et à croire des talents à ceux qui s'en donnent.
Une révolution qui rendrait les hommes tous réellement souverains, ne les contenterait pas plus que celle qui les rendrait tous esclaves. Ce sont les inégalités qu'on aime, tout en prêchant l'égalité.
Ce ne sont pas les gens riches qui oppriment le peuple, mais ceux qui veulent le devenir.
Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas perdre leur temps tout seuls. Ils sont le fléau des gens occupés.

Œuvres de Louis de Bonald

Lettre, à Joseph de Maistre, 22 mars 1817Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raisonMaximes et PenséesOeuvres complètes tome 3, 3, VOeuvres complètes tome 3, PenséesPenséesPensées sur divers sujetsProverbes