Auteur

Khalil Gibran

Mais vous qui êtes forts et rapides, veillez à ne pas boiter devant les boiteux, en croyant vous montrer gentils.
L'amour qui ambitionne autre chose que la révélation de son mystère n'est pas amour mais un filet jeté, lequel n'attrape que l'inutile.
Lorsque deux femmes parlent elles ne disent pas grand chose, quand une femme parle elle dit tout de la vie.
Ecoutez la femme quand elle vous regarde non quand elle vous parle.
Nous choisissons nos joies et nos peines bien avant de les éprouver.
N'oubliez pas que la pudeur sert de bouclier contre les regards impurs. Et quand l'impur n'est plus, que devient la pudeur sinon une souillure de l'esprit ?
L'amour ne donne rien que lui, ne prend rien que lui, l'amour ne possède pas et ne veut pas l'être ; car il se suffit à lui-même.
Tu écris des chansons à la surface de l'eau, puis tu les effaces. Ainsi fait le poète quand il crée.
N'oubliez pas que la terre prend plaisir à sentir vos pieds nus et que les vents aspirent à jouer avec vos cheveux.
Rester l'un avec l'autre, mais pas trop près l'un de l'autre : car les piliers du temple sont éloignés entre eux.
Le premier regard est le moment fugitif qui abolit devant l'âme des chroniques du temps, qui révèle à l'oeil les actions de la nuit et le travail de la conscience.
Le premier regard, c'est l'instant qui sépare l'enivrement de la vie et son éveil, la première lueur qui éclaire les régions intimes de l'âme, la première note magique jouée sur la corde d'argent de notre coeur.
L'amour est la seule fleur qui croît et qui fleurit sans l'aide des saisons.
L'amour est la seule liberté qui soit au monde, car il élève si haut l'esprit que les hommes et les phénomènes de la nature ne peuvent altérer son cours.
Ne croyez pas que vous pouvez diriger le cours de l'amour. Car si l'amour vous trouve dignes, lui-même guidera votre coeur.
Hommes et femmes ne peuvent récolter l'amour qu'après une triste et révélatrice séparation, une amère patience et des efforts désespérés.
Celui qui porte sa moralité comme son plus beau vêtement ferait mieux d'aller nu. Le soleil et le vent ne feront pas d'accroc dans sa peau.
C'est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve son matin et se rafraîchit.
Puissent les vallées être vos rues et les verts sentiers vos allées, afin que vous puissiez vous chercher les uns les autres à travers les vignes et revenir avec les parfums de la terre dans vos vêtements.
Hier n'est que le souvenir d'aujourd'hui, et demain le rêve d'aujourd'hui.
Votre maison est votre corps élargi. - Elle grandit au soleil et dort dans la quiétude de la nuit. Et son sommeil n'est pas sans rêves. Votre maison ne rêve-t-elle pas ? Et en rêve ne quitte-t-elle pas la ville pour le bosquet sur la colline ?
Votre corps est une harpe pour votre âme. - A vous d'en tirer une douce musique ou des sons confus.
Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour un carcan : - Qu'il soit plutôt mer mouvante entre les rives de vos âmes. - Remplissez, chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas la même.
Du mariage : Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une entrave ; qu'il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de vos âmes.
La beauté est douce et bonne. Comme une jeune mère un peu embarrassée par sa propre fierté, elle se promène parmi nous.

Œuvres de Khalil Gibran

L'Art de la Sagesse (2008)L'oeil du prophète (1991)La voix de l'éternelle sagesse (1963)Le Jardin du prophèteLe Passant d'Orphalèse (2001)Le ProphèteLe Prophète (1923)Le Prophète (1923) (au sujet de la joie et la tristesse)Le Prophète, De la religionLe sable et l'écume (1926)Les Esprits Rebelles (1908)