Œuvre

Le Prophète

La pensée est un oiseau d'espace qui dans la cage des mots saura peut-être déployer les ailes, mais pas voler.
Vos enfants: vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Vous donnez peu lorsque vous donnez de vos biens. C'est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment.
Vous parlez quand vous cessez d'être en paix avec vos pensées.
Vous travaillez pour pouvoir aller au rythme de la terre et de l'âme de la terre. Car être oisif c'est devenir étranger aux saisons, et s'écarter de la procession de la vie, qui avance majestueusement et en fière soumission vers l'infini.
Ne dites pas: « J'ai trouvé la vérité », mais plutôt: « J'ai trouvé une vérité ».
Fiez-vous à vos rêves, car en eux est cachée la porte de l'éternité.
Vos enfants ne sont pas vos enfants, - Ils sont les fils et les filles de l'appel de la vie à elle-même.
Ne pensez pas que vous pouvez influencer le cours de l'amour; car c'est l'amour, s'il vous en trouve digne, qui influencera le cours de votre vie.
Un arbre qui grandit dans une caverne ne porte pas de fruits.
Aimez-vous vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une alliance qui vous enchaîne l'un à l'autre.
Si tu confies au vent tes secrets, ne te plains pas s'il les révèle aux arbres.
Tout ce qui vit est conçu dans la brume et non dans le cristal. - Et qui sait si le cristal n'est pas une brume en déclin?
Puissiez-vous accueillir le soleil et le vent avec plus de votre peau, et moins de vos vêtements. Car la main de la vie est dans le soleil, et son souffle est dans le vent.
Nos vêtements dissimulent beaucoup de notre beauté, et ne cachent point ce qui n'est pas beau.
Bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, vous n'y trouverez bien souvent que des chaînes.
Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe.
Et dans la douceur de l'amitié, faites qu'il y ait place pour le rire et le partage des plaisirs.
Ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour, car l'amour, s'il vous trouve digne, dirige votre course.
Quand votre ami révèle le fond de sa pensée, n'ayez pas peur de ce qui dit "non" dans votre conscience ni ne rejetez le "oui". Et quand il demeure en silence, que votre coeur ne cesse d'écouter son coeur ; Car en amitié, sans avoir besoin de mots, toutes les pensées, tous les désirs, toutes les attentes se partagent dans une joie qui reste secrète.
Votre ami est une réponse à vos besoins. Il est votre champ semé avec amour et moissonné en action de grâces. Il est votre table et votre foyer. Car vous venez vers lui avec votre faim, et le cherchez pour la paix.
Lorsque vous quittez votre ami, n'ayant pas de chagrin. Car ce que vous aimez le plus en lui apparaîtra plus clairement en son absence, de même que pour le grimpeur, la montagne se détache mieux de la plaine.
Et qu'il n'y ait d'autre but à l'amitié que l'approfondissement de l'être. Car l'amour qui recherche autre chose que la révélation de son mystère n'est pas l'amour, mais un filet que l'on jette : seul l'inutile s'y trouve attrapé.
Et que le meilleur de vous soit pour votre ami. Et s'il doit connaître le reflux de votre marée, laissez-lui aussi en connaître le flux.
Et que le meilleur de vous soit pour votre ami. Et s'il doit connaître le reflux de votre marée, laissez-lui aussi en connaître le flux. Car qu'est-ce qu'un ami que l'on recherche pour tuer le temps ? Allez toujours à sa rencontre pour les heures de vie. Car il est là pour combler votre attente, mais non votre vide.