De même que les cordes du luth sont seules pendant qu'elles vibrent de la même harmonie. Donnez vos coeurs, mais pas à la garde l'un de l'autre. Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus: - Car les piliers du temple se tiennent à distance, - Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l'ombre l'un de l'autre.
L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même. L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé. Car l'amour suffit à l'amour.
Quand l'amour vous fait signe, suivez le. Bien que ses voies soient dures et rudes. Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui. Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser. Et quand il vous parle, croyez en lui.
Plus profondément le chagrin creusera votre être, plus vous pourrez contenir de joie.
Tous peuvent entendre mais seuls les être sensibles comprennent.
La pitié n'est destinée qu'aux coupables: l'innocent, lui, s'attend seulement à ce que justice soit faite.
L'amour qui n'exulte pas sans cesse meurt peu à peu.
Comment puis-je perdre foi en la justice de la vie, quand les rêvent de ceux qui dorment sur du duvet ne sont pas plus beaux que les rêves de ceux qui dorment à même le sol ?
Si autrui rit de vous, vous pouvez avoir pitié de lui; mais si vous riez de lui, vous ne pourrez jamais vous le pardonner. Si autrui vous blesse, vous pouvez oublier la blessure; mais si vous le blessez, vous vous en rappellerez toujours.
Quand ma coupe est vide, je me résigne à ce qu'elle le soit; mais quand elle est à moitié pleine, j'en suis contrarié.
Le souvenir est une forme de rencontre. L'oubli est une forme de liberté.
La première pensée de Dieu fut un ange. Le premier mot de Dieu fut un homme.
Vos vêtements dissimulent une grande part de votre beauté, mais ils ne cachent pas ce qui n'est pas beau.
L'âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.
Ton ami est la réponse à tes besoins. Il est le champ que tu sèmes d'amour et récoltes en rendant grâces. Il est ta table chargée de mets et ton âtre. Car tu viens à lui affamé et le recherches pour la paix.
Ne pensez pas que vous pourrez diriger le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve dignes, dirigera votre cours.
Il en a toujours été ainsi de l'amour, il ne connaît sa véritable profondeur qu'à l'instant de la séparation.
En vérité la soif de confort tue l'ardeur de l'âme, et suit alors ses funérailles en ricanant.
Vous juger selon vos échecs serait reprocher aux saisons leur inconstance.
Lorsque tu te sépares de ton ami, ne t'affliges pas; car ce que tu préfères en lui peut apparaître plus clairement en son absence, comme la montagne apparaît plus clairement à l'alpiniste quand il l'aperçoit de la plaine.
Ne pensez pas que vous pourrez diriger le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirigera votre cours.
Les esprits qui demeurent dans l'éther n'envient-ils pas à l'homme sa douleur ?
Votre maison est votre corps déployé. Elle s'épanouit au soleil et dort dans le silence de la nuit.
Toute connaissance est vaine, s'il n'y a pas travail. Et tout travail est vide, s'il n'y a pas amour. Et lorsque vous travaillez avec amour, vous liez vous-même à vous-même, et aux uns et aux autres. Le travail est l'amour rendu visible.
Œuvres de Khalil Gibran
L'Art de la Sagesse (2008)L'oeil du prophète (1991)La voix de l'éternelle sagesse (1963)Le Jardin du prophèteLe Passant d'Orphalèse (2001)Le ProphèteLe Prophète (1923)Le Prophète (1923) (au sujet de la joie et la tristesse)Le Prophète, De la religionLe sable et l'écume (1926)Les Esprits Rebelles (1908)