Auteur

Jules Michelet

La légende Scandinave, de génie haut et terrible, a fantasquement exprimé les effrois de la montagne. Elle est pleine de trésors, gardés par des gnomes affreux, par un nain de force énorme.
Sur la tête de ce monde d'en bas, comme pour l'abriter du soleil, ondulant en saules, en lianes, ou se balançant en palmiers, les majectueuses gorgones de plusieurs pieds font, avec les arbres nains de l'isis, une forêt.
Animal vraiment aérien, pour porter ce corps si léger, le héron a assez, il a trop d'une patte; il replie l'autre; presque toujours sa silhouette boiteuse se dessine ainsi sur le ciel dans un bizarre hiéroglyphe.
Le plus tentant pour l'homme, c'est l'inutile et l'impossible.
De plus en plus, les tribunes interviennent, mêlent des paroles aux discours des orateurs, des applaudissements, des huées.
C'est une particularité remarquable dans notre histoire que les deux grandes invasions de l'Asie en Europe, celle des Huns au Ve siècle, et celle des Sarrasins au VIIIe, aient été repoussées en France.
Rien ne peut exprimer la lassitude des autres, leur ennui, leur dégoût, leur découragement.
L'amour est une loterie, la Grâce est une loterie. Voilà l'essence du roman.
La douleur et les misères maigrissent, mais ne fanent pas comme les excès et les jouissances.
Les nouveaux conseillers du roi, ces petites gens, ces marmousets, comme on les appelait, rendirent à la ville de Paris ses échevins et son prévôt des marchands.
Sublime destinée de ce chant! il est chanté par des Marseillais à l'assaut des Tuileries, il brise le trône au 10 août. On l'appelle la Marseillaise.
L'Assemblée décréta la loi martiale, qui armait les municipalités du droit de requérir les troupes et la garde citoyenne, pour dissiper des rassemblements.
On s'aime à mesure qu'on se connaît mieux.
Les grandes misères sont féroces, elles frappent plutôt les faibles; elles maltraitent les enfants, les femmes bien plus que les hommes.
Un mouvement populaire trancherait-il la difficulté? Cela ne pouvait avoir lieu qu'autant qu'il serait vraiment le mouvement du peuple, spontané, vaste, unanime, comme fut le 14 juillet.
La France nouvelle est née en deux fois: le paysan est né de l'élan de la Révolution et de la guerre, de la vente des biens nationaux; l'ouvrier est né en 1815 de l'élan industriel de la paix.
Ceux qui faisaient profession de vivre noblement, c'est-à-dire de ne rien faire, s'étaient chargés de faire tout. Et rien ne se faisait plus.
Les rêveurs et les érudits d'un siècle pédantesque entassaient, commentaient les textes. Et la découverte, peu difficile d'elle-même, le devenait à force de lectures, de réflexions, d'utopies chimériques.
La femme a toute sa vie un besoin d'épanchement. Donc, toute petite encore, sa mère la prenait sur elle chaque soir, et, coeur contre coeur, la faisait parler. Oh quel bonheur de s'epancher.
Le coeur des mères se fond en douces caresses, en gâteries, en mille soins utiles et inutiles.
Après les privilèges des classes, vinrent ceux des provinces. Celles qu'on appelait Pays d'Etat, qui avaient des privilèges à elles, des avantages divers pour les libertés, pour l'impôt, rougirent de leur égoïsme, elles voulurent être France.
Le Midi offrait d'autres éléments de trouble, non moins favorables, des hommes de passion sèche, actifs, ardents, politiques, esprits d'intrigue et de ruse, propres non seulement à soulever, mais à organiser, régler, diriger le soulèvement.
Le sublime n'est point hors nature; c'est au contraire le point où la nature est le plus elle-même, en sa hauteur, profondeur naturelle.
On ne peut pas se figurer comme cette femme est ennuyeuse, se renfonçant dans un passé rétrograde, se remettant au niveau d'une mère d'esprit suranné, tout imbu de vieilles choses.
Cette unification de la France, cet anéantissement de l'esprit provincial est considéré fréquemment comme le simple résultat de la conquête des provinces. La conquête peut attacher ensemble, enchaîner des parties hostiles, mais jamais les unir.

Œuvres de Jules Michelet

Bible de l'Humanité (1864)Des jésuites (1843)Des jésuites (1843), IntroductionExtraits historiquesHistoire de FranceHistoire de France (1833-1844)Histoire de France, PréfaceHistoire de France, Préface de 1869Histoire de France, tome II (1833), livre IHistoire de France, tome II (1833), livre IV, 4Histoire de France, tome II, livre IIIHistoire de France, tome II, livre VIII, 1Histoire de France, tome III (1837)Histoire de France, tome VII, IntroductionHistoire de la Révolution française (1847-1853)Histoire de la Révolution française (1847-1853), II, 4Histoire de la Révolution française (1847-1853), II, 6Histoire de la Révolution française (1847-1853), II, 7Histoire de la Révolution française (1847-1853), IIIHistoire de la Révolution française (1847-1853), III, 5